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pour l'Italie préromaine
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Edition A.G. Gatti
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 TARQ23a
Oeuvre/objet
Technique
Emplacement
paroi de droite, registre supérieur
Auteur de la fiche
NL-AF-LC
Tribune (à deux niveaux, le supérieur avec banc, couverte d'un dais) remplie de spectateurs : au niveau supérieur, trois hommes (drapés dans un manteau leur laissant l'épaule droite découverte) ; femme (tutulus, tunique, manteau) levant la main droite ; homme identique ; femme identique et femme (tunique, manteau lui couvrant la tête) levant la main gauche et tenant un pan de son manteau de la main droite ; tous assis vers la droite. Au niveau inférieur, jeune homme à demi couché vers la droite (drapé dans un manteau lui laissant l'épaule droite découverte) faisant face à un jeune homme nu allongé vers la gauche levant bras et jambe droites ; deux jeunes gens à demi couché vers la gauche regardant à droite (le second drapé dans un manteau lui laissant l'épaule droite découverte).
Puis deux chevaux marchant vers la gauche (harnachés) tirant un bige monté par un aurige (tunique courte, les rênes autour de la taille) tenant une cravache ; deuxième équipage identique (aurige avec genouillères) ; homme vers la droite (pagne) touchant de la main gauche la tête du second cheval d'un troisième équipage identique ; cheval vers la droite (harnaché) maintenu par les rênes par un homme vu de dos (pagne) qui lui tape la croupe de la main gauche et le mène vers un bige ; derrière le bige, homme nu vers la droite tourné en arrière tenant le timon verticalement ; homme vu de dos (pagne) arc-bouté vers la droite menant un cheval vers le bige (harnaché) par les rênes ; cheval vers la droite (harnaché) accompagné au premier plan par un homme nu vers la droite tenant les rênes ; cheval vers la droite (harnaché) mené par un jeune homme nu vers la droite tenant les rênes de la main gauche et discutant avec un jeune garçon nu vers la gauche levant le bras droit.
Personnages
spectateur  •  athlète
La scène représente des jeux funèbres (comme TARQ23b et c), avec toute l'extension décrite dans l'Iliade.
Personnages
spectateur  •  écuyer
Référence bibliographique
La scène représente le défilé des concurrents avant la course devant la tribune par trois chars avec un cocher debout ; sur le quatrième on est en train d'atteler les chevaux. La tribune des invités est formée d'une estrade avec un rideau qui fait tente ; dessous se sont glissés des vulgaires curieux. Les scènes de jeux s'expliquent par l'usage antique de célébrer des jeux lors de funérailles solennelles ou héroïques (cf. celles de Patrocle, d'Achille, d'Anchise, d'Archémore : Iliade XXIII, 257 ; Odyssée XXIV, 85 ; Enéide V, 64 ; Stace, Thébaïde VI, 239). Hérodote (V, 8) signale aussi cette pratique chez les Thraces de même qu'elle est familière aux Romains (Polybe XXXII, 14 ; Tite-Live, Epit. 16 ; XXIII, 30, XXXI, 50 ; XXXIX, 46 ; Servius, Ad Aen. III, 67 ; V, 64). Le réalisme de ces tableaux de jeux peints dans les tombes exclut toute interprétaion symbolique de l'au-delà : ils sont réels et se déroulent sur la terre.
Personnages
spectateur  •  athlète
Les personnages sous les tribunes en bois à même le sol sont les esclaves des nobles richement vêtus qui occupent les tribunes. Il ne peut s'agir d'athlètes attendant leur tour ou de resquilleurs. Certains constituent des groupes obscènes que l'on retrouve sur la version romaine des dessins de Stackelberg, mais qui ont été corrigés dans la version de Strasbourg et qui ont disparu de la copie vaticane.
Personnages
spectateur  •  aurige  •  écuyer
La scène montre les préparatifs d'une course de chars et la parade cérémoniale des chars se mettant en branle. A gauche, sur une plate-forme élevée protégeant du soleil ou de la pluie, se trouvent des spectateurs assis, hommes et femmes ensemble, absorbés par les jeux comme le montrent leurs gestes. La matrone de droite portant un epiblema salue la procession des chars de la main ; à ses côtés se tient une jeune fille à la noble attitude. Sous l'estrade on trouve le commun du peuple, parfois occupé à autre chose qu'aux jeux. La construction renvoie à la description de Vitruve (V, 1).
Personnages
spectateur  •  aurige
Dans les tribunes, composées de poteaux de bois et d'un dais semblable à la vela de l'amphithéâtre romain, prennent place les nobles et leur famille : hommes, femmes, jeunes et vieux ; en dessous, le peuple commun. La scène représente une parade de chars.
Personnages
spectateur  •  athlète  •  jeune garçon
Les jeux et exercices athlétiques, donnés à l'occasion de grandes funérailles, se déroulent dans l'enceinte d'un terrain ou d'un stade entouré de tribunes en bois (représentées sur TARQ23a,b,c), où sont assis les spectateurs qui commentent vivement les compétitions. Sous les estrades, s'est réunie une troupe d'enfants turbulents.
La scène de jeux avec tribunes évoque le passage de Tite-Live (I, 35, 8), attribuant à Tarquin l'Ancien la construction du Grand Cirque à Rome avec des fori réservés aux sénateurs et chevaliers, supportés par des échafaudages de 12 pieds de haut. Denys d'Halicarnasse (III, 68, 1) précise que ces fori étaient couvertes d'une sorte de velum retombant par devant. Sous les tribunes, il faut reconnaître des esclaves se consolant comme ils peuvent de ne rien voir du spectacle. Tarquin, toujours selon Tite-Live, aurait fait venir d'Etrurie des pugilistes et des cavaliers.
La représentation des courses de chars est d'origine grecque (pas avant le VIIe s.). cf Hérodote I, 166-7. lnfluence des vases attiques à figures noires de la deuxième moitié du VIe s. (composition de la course, l'aurige tournant la tête pour contrôler ses adversaires, la chute désastreuse au tournant). Mais certains éléments sont caractéristiques des Etrusques (le costume de l'aurige, l'aiguillon, les rênes attachées autour de la taille et le trige), ce qui montre une indépendance des cavaliers étrusques par rapport au modèle grec. Voir aussi TARQ16c ; TARQ20c, h ; TARQ22b ; TARQ61c ; TARQ65d; CHIU67c ; CHIU162c ; CHIU174c.
Les plafonds de certaines tombes de Tarquinia sont décorés suivant trois motifs utilisés aussi pour représenter les textiles (voir les vêtements des danseurs en TARQ90 et TARQ16); cet usage montre que généralement, à Tarquinia, les tombes à chambre étaient conçues pour rappeler une tente (la tente / pavillon est montrée en TARQ23a). #Premier motif: damier (TARQ90, TARQ24, TARQ25, TARQ23, TARQ22, TARQ19); deuxième motif: rosettes de points (TARQ 69, TARQ68, TARQ60, TARQ11, TARQ36, TARQ72); troisième motif: version élaborée du précédent avec rosettes de points et croix (TARQ70).#L'habitude d'utiliser des tentes est confirmée par l'exemple de celle donnée par les Ephésiens à Alcibiade pour les jeux Olympiques (Plutarque, Alcibiade, 12, 1); celle couvrant les morts de la guerre avant leur funérailles publiques (Thucydide, 2, 34); la tente pour le banquet (Euripide, Ion, II, 1132-1166).
Personnages
«Ordre» dans le système décoratif qui accentue l'importance des éléments structuraux. L'aspect solennel des jeux est ici mélangé avec des épisodes réalistes qui se réfèrent à un public exclu de la manifestation et qui y participe occcasionnellement : leur nudité indique peut-être leur appartenance au monde servile.
Personnages
La tête voilée de la femme dans les tribunes indiquerait un statut social élevé, ou sa situation de femme mariée.
Personnages
Dans la société étrusque archaïque, les femmes participent aux manifestations : banquets mais aussi jeux, comme on le voit ici.
Personnages
aurige  •  écuyer  •  serviteur  •  spectateur
De gauche à droite : les deux chevaux qui suivent les trois biges sont en train d'être attelés à un bige par trois écuyers ; l'écuyer suivant serait barbu. Dans la tribune, noter la différenciation entre les spectateurs du niveau supérieur, assis et vêtus, et ceux du niveau inférieur : il doit s'agir des serviteurs ou esclaves. La scène représente les jeux célébrés en l'honneur du défunt.
Personnages
Caractère «non-grec» de la course des biges, de l'habillement des auriges et de la technique de se passer les rênes autour de la taille. Tribunes (élément spécifiquement étrusque) présentées quatre fois dans les angles: il pourrait s'agir d'une coupe d'un cirque ou d'un stade. La présence de nombreuses femmes parmi les spectateurs assis (la «noblesse») est un aspect naturel et quotidien des jeux étrusques, égalité des femmes et des hommes ; possibilité de rencontres amoureuses (cf. Ovide, Amores, 3,2).
Personnages
Participation d'un public composé de personnes ordinaires qui sont sur la tribune et assistent aux jeux, pendant que quelques spectateurs se livrent à des jeux érotiques sous les tribunes. Pour la première fois, mise en scène d'une occasion sociale qui transcende le cadre de l'oikos et voit la collectivité comme protagoniste.
Les scènes de jeux, de komos ou de banquet dans la peinture funéraire étrusque semblent correspondre à une réalité funéraire. Ces cérémonies sont alors l'occasion pour le groupe social auquel appartenait le mort de se reconstituer et de s'affirmer. Les jeux, comme le montre la tombe des Biges, réunissent dans la célébration un nombre de personnages qui dépasse l'unité familiale de base.
Personnages
La présence de femmes lors de jeux doit s'expliquer par leur statut religieux. Les tribunes de la tombe des Biges sont une illustration du passage de Pausanias (VI, 20, 8) expliquant cette particularité pour le monde grec. On peut supposer l'appartenance de ces femmes à un collège sacerdotal préposé aux jeux funèbres.
Structure rigoureuse de la composition des ludi magni : affirmation de l'existence d'une «norme» politico-morale, d'un ordre nouveau qui préside à ce type de manifestation. Le nouveau style sévère est la manifestation de la nouvelle orientation politique de la cité.
Les jeux représentés dans le registre supérieur de la tombe (TARQ23a, b et c) ne sont pas exaltés comme éléments d'un rituel funéraire. Les tribunes des spectateurs, le programme ordonné des jeux, constituent le meilleur commentaire de l'epulum aristocratique de la frise inférieure (TARQ23d, e et f). L'idée de politeia prime ici.
Personnages
spectateur  •  magistrat
Les tribunes sont représentées les unes après les autres (TARQ23a, b et c) selon un faux rapport de perspective : dans l'intention du peintre, elles devaient entourer l'espace des jeux. Le public, le nombre d'épreuves et d'athlètes donnent l'impression d'une fête importante, dépassant le cadre d'un événement funèbre. Quelques fêtes publiques étrusques sont connues par les sources : celles de Cerveteri en l'honneur d'Apollon delphique après la bataille d'Alalia (Hérodote), celle de Rome instituée par Tarquin l'Ancien (Tite-Live), les jeux votifs organisés par Aulus Postumius en 499 (Denys d'Halicarnasse). Il s'agit ici d'un ludus public, présidé par des magistrats de la cité : parmi eux, peut-être le président des jeux, figure le personnage voilé levant la main gauche, en signe de salut ou de départ de la course de biges. La représentation de ces jeux dans la tombe s'explique par le rôle qu'a dû y jouer le défunt (en payant ou en présidant cette manifestation), exaltant ainsi sa charge publique.
Il ne s'agit pas de ludi funèbres : la classe servile est présente, alors qu'elle ne serait probablement pas admise à une cérémonie privée d'une telle importance; le nombre de jeux et athlètes est plus élevé que dans les autres monuments étrusques. La cérémonie dépasse le simple événement privé. Sur la tribune, la femme voilée faisant un geste de la main gauche est la prêtresse d'un culte citadin saluant ou lançant le départ de la course de chars.#Voir Benassai2001.
Personnages
magistrat  •  spectateur
Les tribunes avec public montrent que ce sont des jeux publics, peut-être donnés au cours de sa vie et de sa carrière politique par le magistrat titulaire de cette tombe, ou aussi des jeux funèbres à caractère quasi-public donnés en l'honneur d'un défunt qui avait joué un rôle de premier plan dans sa cité.
Personnages
écuyer  •  cavalier
La partie avec les derniers personnages illustre l'entraînement à la technique de la danse rapide sur cheval. Cette dernière implique la présence d'un personnel qui assiste le cavalier dans sa montée et sa descente du cheval. La gestuelle consiste à piquer une lance dans le sol et de s'en aider afin d'effectuer un saut avec demi tour sur soi-même qui portait sur le cheval. Le cavalier descendait de la même manière.
Référence bibliographique
S. Steingräber, Catalogo ragionato della pittura etrusca, Milano, 1984
Référence bibliographique
F. Poulsen, Etruscan tomb-paintings. Their subjects and significance, Oxford, 1922.
Référence bibliographique
M. Cagiano de Azevedo, « Saggio su alcuni pittori etruschi », Studi etruschi 27, 1959, p. 79-106.
Référence bibliographique
H. Schrader, Phidias, Frankfurt am Main, 1924.
Référence bibliographique
P. Ducati, « Osservazioni cronologiche sulle pitture arcaiche tarquiniesi », Studi etruschi 13, 1939, p. 203-219 et pl. 11-13.
Référence bibliographique
M. Pallottino, La peinture étrusque, (Les grands siècles de la peinture), Genève, 1952
Référence bibliographique
F. Poulsen, Etruscan tomb-paintings. Their subjects and significance, Oxford, 1922.
Référence bibliographique
J.G. Szilagyi , « Impletae modis saturae », Prospettiva 24, 1981, p. 2-23.
Référence bibliographique
F. Poulsen, Etruscan tomb-paintings. Their subjects and significance, Oxford, 1922.
Référence bibliographique
R. Benassai, « Per una lettura del programma figurativo della Tomba delle Bighe di Tarquinia», Orizzonti 2, 2001, p. 51-62.