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Iconographie
et
archéologie
pour l'Italie préromaine
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Edition A.G. Gatti
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 TARQ115d
Oeuvre/objet
Technique
Emplacement
paroi du fond
Auteur de la fiche
NL-AF
Démon ailé fragmentaire vers la gauche (ailes rouges, chevelure à serpents) ; chien fragmentaire vers la gauche (une patte visible, inscription : ORTHOS) ; homme à trois têtes fragmentaire vu de face (barbu, tunique ocre bordée d'une bande bleue, cuirasse à épaulières crème ornée de motifs géométriques rouges, jambières, bouclier maintenu par deux brassards au bras gauche, inscription à gauche de la tête : CERUN), tournant ses têtes vers la droite, s'appuyant sur une lance tenue de la main droite ; femme assise (?) vers la gauche (chevelure à serpents, enveloppée dans un manteau crème bordé d'une bande rouge, colliers, inscription à gauche de son buste : PHERSIPNEI) ; devant elle homme fragmentaire (barbu, tête de loup sur la tête, drapé dans un manteau rouge lui laissant le buste et l'épaule droite découverte, inscription à gauche du visage : AITA) assis vers la gauche sur un trône fragmentaire, pointant l'index et le majeurs droits en avant et levant de la main gauche un serpent ; gros serpent fragmentaire.
En arrière-plan, nuages (?) ; paroi rocheuse dont l'entrée se situe à droite du démon ailé.
Pluton, en présence de Proserpine, donne des ordres à Géryon.
Les nuages qui entourent les personnages ne doit pas être un fond contrastant, mais bien une nuée symbolisant l'obscurité des Enfers où se déroule la scène. Le démon ailé est sans doute féminin. La présence de Géryon aux Enfers est attestée par Horace (Carm. II, 14, 8) et Virgile (Enéide VI, v. 289). Hadès porte une tête canine, en accord avec la tradition mythologique grecque (cf. Hésiode, Bouclier v. 227 : "Aidos kunè").
Personnages
L'auteur distingue un génie ailé, Géryon, Proserpine et Pluton.
Personnages
L'auteur s'oppose à Helbig (Helbig1870) qui voit dans la coiffe animale d'Hadès un tradition grecque. Par comparaison avec des urnes étrusques, l'auteur considère que le loup dans la mythologie étrusque est le symbole du monde souterrain, un animal proprement infernal. Le dieu des Enfers coiffé d'une tête de loup est donc une représentation étrusque, et non grecque.
Hades et Perséphone sont représentés entourés de curieuses tâches de brume. Devant eux se tient le Géryon grec, non pas en vacher de l'île Erytrée, mais en guerrier semblant recevoir les ordres d'Hadès : les Etrusques en ont fait un champion d'Hadès.
Hadès fait un geste de puissance, et non de menace. Le thème général de la tombe traite de l'outre-tombe hellénistique, en mêlant héros et divinités grecs avec des démons étrusques.
Personnages
Le type de la déesse aux serpents est infernal ; l'auteur la rapproche d'exemples crétois, syriens et chypriotes.
Personnages
L'auteur s'oppose à l'interprétation de Messerschmidt concernant la Nekyia homérique et propose de reconnaître dans cette scène une représentation de héros élyséens accompagnés de démons, d'inspiration éleusinienne.
L'ensemble des peintures de la tombe représente une scène de l'au-delà, de l'Hadès grec avec ses personnages légendaires mêlés à quelques curiosités locales. Ici sont représentés Géryon, Perséphone et Hadès ; à gauche de Géryon figure une sorte de grotte, d'où semble sortir un personnage ailé fragmentaire.
Représentation assez complète de la Nékyia. Les défunts participent à un monde «héroïque» qui les qualifient comme personnes de culture grecque. Manière picturale proche de VULC161.
L'ensemble de la tombe représente le monde des morts, centré autour de l'antre avec le couple royal de Perséphone et Hadès représenté sur cette paroi du fond. Les épisodes et les personnages mythologiques choisis ont pour vocation d'exalter l'histoire de la famille Spurinna en termes religieux philhelléniques et pro-athéniens - en souvenir de l'ancêtre Velthur Spurinas.
Personnages
Après le chien Cerbère, le guerrier à 3 têtes est Géryon, devant Perséphone et Hadès. Ceci se déroule dans l'Hadès, dont la représentation est inspirée sans doute de modèles de Nékuia italico-méridionaux.
Personnages
Le guerrier tricéphale étrusque est un monstre à corps unique et triple tête, alors que le Géryon grec possède trois corps distincts ; pour le reste, le costume et l'armement se ressemblent. Par rapprochement avec d'autres représentations, on peut supposer l'existence d'une divinité funéraire locale tricéphale, dont le guerrier Cerun pourrait être la transposition sous influence hellénique.
L'ensemble de la tombe représente le défunt aux Enfers avec Hadès et Perséphone, accueilli par les héros grecs, ceux-là même que Socrate se préfigurait rejoindre. Cette croyance eschatologique est nourrie de la pensée pythagoricienne.
Cette représentation de l'au-delà constitue une synthèse d'idées et d'iconographie grecques (influence des représentations de nekyia) et étrusques (voir les inflexions de la figure d'Hadès, Perséphone et Géryon: on remarquera en particulier la coiffe d'Hadès qui est de tradition italienne).
Le paysage infernal représenté dans la tombe (avec le marais de l'Achéron, le palais d'Hadès...) évoque le paysage des Grenouilles d'Aristophane. Le monde souterrain ressemble à la fresque delphique de Polygnote, aux attentes d'accueil de Socrate dans l'Apologie de Platon, et à l'arrière-plan héroïque de l'Epitaphe d'Hypéride. Ce type de banquet éternel - de marque pythagoricienne - et ce type de voyage sont raillés par le comique Aristophon dans la comédie Pythagoristes (IVe s. a.C.).
Les divinité infernales sont garants de la reproduction des saecula. Nekyia: les concepts orphico-pythagoriques permettent de relier le sens eschatologique et le sens politique (cf Virgile, En. VI).
Personnages
Erinye  •  Géryon  •  Hadès/Pluton  •  Perséphone/Proserpine/Phersipnai  •  Hydrie
Il s'agit du palais d'Hadès, tel qu'il est mentionné dans l'Odyssée, dans la nekyia d'Ulysse; le peintre n'a pas recouru comme pour les autres parois au texte homérique (qui ne décrit pas l'intérieur), mais a exploité d'autres sources, les mêmes peut-être que Virgile a encore utilisées trois cents ans plus tard au chant VI de l'Eneide: on y retrouve les mêmes associations de créatures infernales, notamment le triple corps de l'hydre qui apparaît derrière Hadès.
Personnages
La tête de loup au-dessus de la tête du dieu des Enfers Aita témoigne de la survivance à l'époque hellénistique de l'iconographie spécifique étrusque de divinités infernales - antérieure ici à l'influence grecque classique. Il ne s'agit pas d'un couvre-chef tel la dépouille d'un animal mort, mais c'est la tête d'un animal vivant aux grands yeux brillants.
Le couple infernal témoigne d'une iconographie purement étrusque. La figure d'Aita n'est pas coiffé d'une tête de loup. En fait, la tête de loup représentée, avec l'oeil et la gueule ouverts, est combinée avec le profil d'Aita à la manière de deux capita jugata. Il s'agit d'un animal bien vivant, qu'il faut interpréter comme un démon au service du dieu des Enfers qui châtie les damnés. Quant à Phersipnei, sa chevelure est entremêlée de serpents, renvoyant aux Erinyes et à la Gorgone au service de la déesse.
Pour les Anciens, les Enfers comprenaient également les Champs-Elysées : la peinture de la tombe de l'Ogre n'est ni négative ni pessimiste, mais indique aux défunts de qu'ils seront admis à la vie éternelle des héros, en compagnie des ancêtres et du couple divin Hadès et Perséphone.
Référence bibliographique
F. Weege, Etruskische Malerei, Halle, 1921.
Référence bibliographique
M. Cristofani, « Celebrazioni della morte nella pittura funeraria etrusca », in Pittura etrusca al Museo di Villa Giulia, (Studi di archeologia pubblicati dalla soprintendenza archeologica per l'Etruria meridionale 6), Roma, 1989 [= Pittura etrusca1989], p. 27-31.
Référence bibliographique
J.-R. Jannot, "Un avatar étrusque du mythe grec. Actéon, Calu et le jeu de Phersu", Latomus. Revue des études latines 62, 1984, p. 45-46 et pl. in texto.
Référence bibliographique
F. Poulsen, Etruscan tomb-paintings. Their subjects and significance, Oxford, 1922.