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Nouveaux médias / Images anciennes

Les bases de données d’art antique :
élaboration, gestion et questions juridiques

Actes de la journée d’études organisée le 10 novembre 2003 à l’Université François-Rabelais de Tours
publiés par Natacha Lubtchansky

Le Département d’Histoire des Arts de Tours et l’ACI Jeunes Chercheurs Image et Religion - ICAR, de l’UMR 7041 (Équipe ESPRI - MAE René Ginouvès, Nanterre) mènent depuis 2003 une réflexion sur « les pratiques et manipulations de l’image antique » autour des trois axes suivants :

  • Manipulation des images dans l’Antiquité et le cas de l’Ekphrasis
  • Lectures modernes d’images antiques
  • Nouveaux médias / images anciennes : nature et rôle des bases de données.

Cette réflexion a fait l’objet le 4 avril 2003 d’une table ronde, organisée par Manuel Royo et Natacha Lubtchansky, centrée sur les deux premiers volets de ce programme. Elle a réuni des enseignants chercheurs des universités françaises et des doctorants de l’Université de Tours sur le thème : «  Des images manipulées. Présence, transformation et survie de l’image antique » [1].

Le troisième axe : nouveaux médias / images anciennes, a été suggéré par l’expérience rencontrée lors de la constitution de la base ICAR (Iconographie-Archéologie) : base de données des scènes figurées de l’Italie préromaine, élaborée dans le cadre de l’ACI Image et Religion dans l’Antiquité gréco-romaine par Natacha Lubtchansky. Il a donné lieu à une deuxième rencontre, le 10 novembre 2003 à Tours, afin de confronter les exemples de plusieurs bases de données d’art antique, présentant différentes phases d’élaboration, ainsi que d’aborder la question juridique liée à la publication sur les réseaux Intranet et Internet de ces bases d’art antique [2].

La publication en ligne de ces actes faite avec la collaboration d’Edgar Vidal (Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie René-Ginouvès) nous donne l’avantage, même si les contributions présentent un degré inégal d’aboutissement, de pouvoir diffuser rapidement le contenu de la journée d’étude.

Natacha Lubtchansky (Université de Tours)

[1] La table ronde a été organisée par M. Royo et N. Lubtchansky, grâce au Département d’Histoire de l’Art et à l’ ACI Jeunes Chercheurs IConographie-ARchéologie (ICAR) –Image et Religion, (UMR 7041 - Espace, Pratiques sociales et Images dans le monde grec et romain). Y ont participé : A. Rouveret (Université de Paris 10-Nanterre), Lieux et paysages dans les images de Philostrate ; C. Guilmet (Université de Tours), De l’image au texte et du texte à l’image. L’ekphrasis dans la Périégèse de Pausanias ; E. Jollet (Université d’Aix-en-Provence), La sculpture et son lieu : la localisation des sculptures antiques dans les segmenta nobilium signorum et statuarum de François Perrier (1638) ; A. Gilet (Musées des Beaux-Arts de Tours), Soufflot, Firmin-Didot ? Questions/Réponses autour de Palmyre ; E. Champion (Université de Tours), Quand l’objet quotidien entre au Musée : représentations de la réalité pompéienne aux XVIII e et XIX e siècles ; M. Royo (Université de Tours), César assassiné par la peinture.

[2] Programme de la journée d’étude : Nouveaux médias/Images anciennes. Les bases de données d’art antique : élaboration, gestion et questions juridiques  (Université François Rabelais de Tours, 10 Novembre 2003) :

  • 10h – 10h15 :  Introduction par N. Lubtchansky.

1. Questions de droits

  • 10h15 – 10h45 : Isabelle de Lamberterie (CNRS, CECOJI), Les précautions à prendre - à l'égard des ayants droits - avant la numérisation et la communication au public des documents numérisés.
  • 10h45 – 11h15 : Xavier Linant de Bellefond (Université Paris XII), La protection juridique des bases de données.

2. Images antiques et nouveaux médias

  • 11h30 – 12h : Thomas Mannack (Beazley Archive d’Oxford), "www.beazley.ox.ac.uk".
  • 12h – 12h30 : Natacha Lubtchansky (Université de Tours) et Sylvain Mottet (Informaticien, Université de Paris V), ICAR, Une base de donnée des scènes figurées de l’Italie préromaine.
  • 12h30 – 13h : Pascale Linant de Bellefonds (LIMC) et Anne-Violaine Szabados (LIMC) : La base de données numérique du LIMC.

3. Des musées de papier aux bases de données

  • 14h30 – 15h : Frédérique Lemerle Pauwels (CNRS, CESR, Tours) et Sébastien Busson (CNRS, responsable du pôle images au CESR), Les antiquités gallo-romaines: textes/images (XVe-XVIIe s.).
  • 15h – 15h30 : Martine Denoyelle (Musée du Louvre – INHA), La base de données du programme « Histoire de la connaissance des vases grecs » de l’INHA.
  • 15h30 – 16h : François de Polignac (CNRS, Centre Louis Gernet), L'archéologie de la Rome du XVIIIe siècle : des musées de papier aux bases de données.
  • 16h – 16h30 : Janny Léveillé (INHA), Les bases de données de l’Institut national d’Histoire de l’Art.
  • 16h30 – 17h : L. Fatticcioni et L. Di Cosmo (École Normale Supérieure de Pise, CRIBECU), La fortune de la statuaire antique, une approche informatique.
  • 17h – 18h : Discussion générale   avec M. Royo et F. Lissarague.

Présentation

par Manuel Royo (Université de Tours)

A la différence de celle d’avril 2004, qui fut consacrée à des questions d’Histoire de l’Art proprement dit, la table ronde de novembre avait pour but de croiser les expériences en partant des possibilités nouvelles offertes par l’outil informatique. Le but était de confronter des approches très différentes (technique, scientifique, juridique) autour du thème plus général des bases de données d’images, déjà réalisées ou en cours de constitution ou d’évolution.

Deux axes principaux se sont ainsi dégagés. Le premier concernait les questions techniques, le second, la nature même des projets scientifiques. Le tout impliquait une réflexion juridique préalable sur le statut des documents produits et des éléments qui les composaient, liant ainsi problématiques scientifiques et réalisations techniques.

Dans le domaine technique, à l’exception des bases du CESR (Tours) et de l’Université de Pise qui ont développé des plates-formes d’origine professionnelle (Gesco-Thaurus, Stacks) spécialement dédiées à leur objet, le recours aux produits polyvalents vendus dans le commerce et multisystème (Mac et PC), comme 4D ou FileMaker, a paru le plus général et répondre de façon très souple à la plupart des demandes des utilisateurs. Toutefois, les principes communs, dans un cas comme dans l’autre, restent sensiblement les mêmes malgré des navigations plus ou moins complexes selon les cas : il s’agit des modes d’interrogation et de recherche (recherche plein texte et mots clés, multilinguisme, thésaurus), des critères de définition et de présentation des images (zoom, vignettes, universalité des formats)et des possibilités de consultation à distance, via Internet, qui varient en fonction des usages envisagés (requêtes plus ou moins complexes, possibilités d’évolution en fonction des matériels, pour les bases les plus anciennes) et de la nature ou de l’origine des objets traités.

On a ainsi pu voir se dégager deux ensembles de problématiques. Si certaines bases s’attachent surtout au matériel d’origine antique (ICAR par ex.), d’autres (le Beazley Archive, ou la base développée par le Centre Louis Gernet : “Rome entre le rêve et la science 1700-1770”) associent objets antiques et représentations modernes de ceux-ci. D’autres enfin ne s’attachent qu’aux représentations modernes issues de l’Antique (c’est le cas de la base du CESR ou de la base du CRIBECU, Pise).   Le statut de l’objet, comme celui de l’image qui en rend compte, n’est évidemment pas le même dans ces différents cas et l’orientation tantôt plus historique,   tantôt plus historiographique.

Une autre orientation vient recouper la première, dans le rapport qui s’établit alors avec un support d’origine livresque. Si les bases du CESR et de Pise mettent au centre de leur travail des recueils publiés qu’ils rendent ainsi accessibles, selon des principes qui nous rapprochent d’une indexation traditionnelle, le LIMC ou le Beazley Archive, sont la transposition d’une expérience d’édition traditionnelle en édition électronique, ouvrant ainsi la possibilité d’un questionnement nouveau et parallèle en mode hypertexte. Enfin, des bases, comme ICAR, celle du Centre Louis Gernet, ou celle consacrée à l’histoire de la connaissance des vases grecs dans le cadre de l’Institut National d’Histoire de l’Art, tout en s’appuyant sur des publications fondatrices, se situent dans une perspective différente et sans rapport avec l’édition traditionnelle.

Quelle que soit en définitive la position adoptée, l’objet ultime de toutes ses bases est de coller au près des interrogations des chercheurs, dans la mise à disposition d’un matériel, le plus souvent dispersé quand il n’est pas oublié ou disparu. C’est à ce niveau que les questions juridiques trouvent toute leur importance. L’accessibilité de ces bases est en effet la condition première de leur utilité et l’Internet offre aujourd’hui la possibilité d’en disposer aisément. Or, le statut des documents publiés risque de contrarier ce principe dans la mesure où les auteurs ne possèdent pas toujours les droits de reproduction des images qu’ils étudient. Ce statut, souvent ignoré des chercheurs dont ce n’est évidemment pas la préoccupation immédiate, a donc fait l’objet de deux interventions, qui ont permis non seulement de revenir sur des idées fausses (notions de copyright, de citation, de liberté de droits…), mais d’envisager les risques et les limites mais aussi les possibilités d’une publication internet. Car, le problème de fond se situe là et les accès restreints, par mot de passe, ne sont en fait que des pis-aller, tant qu’un accord de tous les partenaires universitaires et institutionnels n’établira pas une sorte de droit de libre usage limité à la communauté scientifique.

Précautions à prendre à l'égard des ayant-droits avant la numérisationon et la communication au public des images

par Isabelle de Lamberterie (CNRS, CECOJI)

1. Objets et finalités de la numérisation

  • Constituer des bases de données iconographiques
  • Travailler sur ces images
  • Ouvrir ces bases de données à un public restreint ou non

2. Les questions de droit relatives à….

  • La numérisation des images et/ou photographies
  • La manipulation des images et/ou photographies
  • La communication des images et/ou photographies

3. La numérisation des images ou des photographies

  • Il s’agit toujours d ’une reproduction
  • La photographie est-elle protégée par le droit d ’auteur ?
  • Le bien photographié ou numérisé est-il la propriété d ’une institution ou d ’un particulier ?

4. La numérisation des photographies : Qui est concerné ?

  • Le photographe
  • L ’employeur du photographe
  • Le propriétaire du manuscrit ou de l ’objet photographié
  • Le propriétaire de la photographie
  • Le chercheur qui interprète l ’image, l ’accompagne d ’un commentaire

5. La photographie est une œuvre protégée par le droit d ’auteur

  • La numérisation est une reproduction  au sens du droit d ’auteur
  • Le titulaire du droit d ’auteur sur la photographie doit donner son autorisation préalablement à cette reproduction

6. S’informer sur le statut du photographe: indépendant, salarié ou fonctionnaire

  • Les droits de l’employeur : a-t-il ou non les droits patrimoniaux (droit d ’autoriser ou d ’interdire la reproduction) ?
  • Les droits du photographe : le droit moral est incessible (droit au nom, à l ’intégrité…)

7. Droit moral et numérisation

  • Droit à la paternité : lien à faire, le plus étroitement possible, entre l ’œuvre et son auteur
  • Droit au respect de l ’œuvre: permet de s ’opposer à toute altération…
  • Droit de repentir ou de retrait … (subordonné à une indemnisation préalable du cessionnaire)

8. Les droits du propriétaire

  • Exploitation commerciale des reproductions des objets dont ils sont propriétaires
  • Vérifier que le photographe avait les autorisations requises
  • Droits à payer ?

9. Et le chercheur…?

  • La légende est-elle une œuvre protégeable par le droit d ’auteur ?

10. Image et « manipulation »

Entendu ici comme :

  • Visant les transformations sur l'image
  • Et non pas désignant des manœuvres visant à tromper ou à frauder
  • Mêmes obligations que pour la reproduction : autorisation des ayants droit

11. La communication des images sur internet

  • Autre prérogative des titulaires de droit (droit d ’autoriser ou d’interdire la communication au public, droit de divulgation)
  • C ’est une nouvelle «publication»
  • Nécessite une cession des droits (distincte de celle accordée pour un autre support) qui prenne en compte la finalité de la communication (réservée à la recherche, ouverte…)

12. Après les obligations…quels droits pour les chercheurs?

Les exceptions au droit exclusif d ’autoriser ou d ’interdire la reproduction et la communication au public :

  • Maintien de l’exception traditionnelle de courte citation
  • Une diffusion restreinte n’est pas une représentation dans le «cercle de famille»
  • Les débats autour de l ’exception à des fins d ’enseignement et de recherche

13. La citation

Les conditions d’une citation: une image citant une autre image :

  • Une œuvre citée
  • Une œuvre «citante»
  • Caractère accessoire de l'emprunt,
  • Signalement de l'image,
  • Fonction informative de la citation

14. La citation: limites

  • Une reproduction en format réduit ne peut constituer une citation

15. Les exceptions à des fins de recherche et d’enseignement

  • Des pratiques en contradiction avec la loi
  • Une option dans la directive européenne de 2001
  • Une revendication des enseignements
  • Mais rien dans le projet de loi
  • Des concertations pour une «licence contractuelle» avec une contrepartie

16.Numérisation et conservation

  • Un début de politique européenne….
  • Une résolution du conseil de l ’union européenne du 25 juin 2002 pose les bases d’une politique «visant à préserver la mémoire de demain et les contenus numériques pour les générations futures »

17. Comment ?

  • En prenant en compte dès l ’établissement des documents numériques les besoins de conservation (concilier la préservation à long terme avec l ’utilisation de moyens appelés par essence à évoluer)
  • Ménager les possibilités d’accès des générations à venir
  • En dispensant un appui aux bibliothèques, musées, archives…

18. En France…

  • Le dépôt légal des sites internet
  • Une sensibilisation et une formation des archivistes (y compris sur les questions juridiques) à l’établissement et la conservation des archives numériques

19. Et dans la recherche….

  • Les chercheurs sont à la fois les auteurs ou producteurs et les utilisateurs des données et informations sur les nouveaux médias
  • Le respect des normes juridiques devient un critère pour financer les projets de recherche

La protection juridique des bases de données en archéologie

par Xavier Linant de Bellefond (Université de Paris II)

Les bases de données représentent des ensembles informationnels relativement vulnérables, spécialement si ces bases sont mises en ligne : les différents éléments dont elles se composent et notamment les fichiers numériques peuvent être capturés aisément : images, commentaires de ces images, fiches documentaires intégrales, mais aussi organisation (thésaurus, synoptiques, index, etc...).

Le producteur d’une base de ce type n’est pas pour autant dépourvu de moyens de défense, outre certaines précautions préalables à prendre.

1. Les précautions à prendre

La mise en œuvre d’un accès codé. - Cette précaution essentielle, à laquelle se conforment toutes les bases de données commerciales, doit être employée de façon systématique, avec idéalement, l’obligation de communiquer une adresse électronique avant tout chargement ou toute demande d'impression. En outre, chaque affichage doit porter une mention telle que « les présents documents sont la propriété de [le producteur] » et, pour les pays de common law : « Copyright [le producteur] [date] ». Même si cette propriété n’est pas juridiquement justifiée sur telle ou telle partie de document, l’indication a le mérite de placer le copieur en situation de mauvaise foi.

Le dépôt légal de la loi de 1992. - Dans l’hypothèse d’une captation par un utilisateur indélicat ou une personne non autorisée de tout ou partie des éléments constitutifs d'une base de données, il est utile de pouvoir affirmer sans discussion l'antériorité de sa propre création à l'encontre des copieurs éventuels.

Le CD-ROM ou le DVD-ROM d’un état de la base figé à un moment donné peut être déposé à la Bibliothèque Nationale dans le cadre de la procédure organisée par la loi du 20 juin 1992 qui concerne tous les produits logiciels et multimédia. Le but de cette loi est d'assurer la permanence dans le futur de l'accès à ces créations essentiellement éphémères. Mais les utilisateurs peuvent se servir du dépôt ainsi effectué, qui présente un caractère officiel, dans le but de se préconstituer un moyen de preuve en cas de contentieux.

Le propre d’une base de données est de se développer en continu. Aussi faut-il envisager d’effectuer un nouveau dépôt à chaque changement substantiel de contenu.

L'affiliation à un organisme de suivi sur Internet. - Certains organismes du secteur privé proposent une prestation très utile : l’ajout d'un en-tête crypté aux photos et autres éléments documentaires destinés à circuler sur le net, dont le but est d'indiquer de façon indélébile la filiation juridique des objets en ligne. L’organisme français qui a le plus d’avance dans ce domaine est l’IDDN, agréé par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle [2].

2. La protection par le droit d’auteur

Toute oeuvre est protégeable par le droit d’auteur (art. L 111-1 du Code de la propriété intellectuelle) dès lors qu’elle est originale (c’est-à-dire sortant de la banalité). Compte tenu du caractère hautement élaboré des produits dont il s'agit et dont une démonstration a été faite lors de la réunion du 10 novembre 2003, il peut être affirmé sans hésitation qu’ils seraient tous considérés comme originaux au sens exigé par la jurisprudence, aussi bien selon les critères de l’apport intellectuel que de la marque de la personnalité des auteurs.

Lorsqu’une oeuvre ainsi protégée par le droit d’auteur a été, si peu que ce soit (car ce qui compte ce sont les ressemblances et non les différences entre le produit copié et la copie qui en est issue), copiée ou reproduite par une personne non autorisée, cette personne commet le délit de contrefaçon. Les sanctions de la contrefaçon sont très dissuasives, puisqu’elles peuvent aller jusqu'à deux ans de prison depuis 1994. La possibilité ainsi d’agir au pénal permet de faire pression efficacement sur les « emprunteurs » identifiés pour qu’ils retirent leur matériel. Une faiblesse toutefois : les contrefaçons intercontinentales (en dehors du cadre de l’Europe) sont chères et aléatoires à poursuivre.

3. La protection par le droit sui generis de la loi du 1er juillet 1998

Qu’une base de données soit originale ou non - la loi du 1er juillet 1998 a essentiellement visé le cas des bases de données qui ne pourraient être protégées par le droit d’auteur, mais le dispositif peut s’étendre à toutes les bases -, le producteur de la base dispose d’un droit efficace qui est celui d’interdire toute extraction substantielle de cette base.

Ce droit ne relève pas d'une technique juridique traditionnelle mais du souci de protéger les investissements accomplis par le producteur ; aussi le qualifie-t-on de « droit sui generis du producteur de banque de données ». Il permet de poursuivre toute personne qui a reproduit, pour son utilisation ou pour incorporation dans un autre produit, une partie significativement importante de la base de départ.

Une indemnisation non négligeable peut alors être obtenue sous réserve de la preuve que l’emprunt a été important (dépassant sensiblement celui de l’utilisateur normal de la base) et que l’investissement du producteur en termes financiers et humains mérite considération. Dans le cas des bases de données en archéologie, le première condition peut ne pas se trouver remplie (par exemple récupération d'une seule photo) ; en revanche le volume des investissements n’est pas discutable.

4. La protection par le droit de la responsabilité civile

Dans l’hypothèse malheureuse où aucune des deux techniques juridiques pré-examinées ne pourrait jouer, ce qui serait sans doute exceptionnel dans le secteur qui nous intéresse, le droit de la responsabilité civile de droit commun peut trouver à s’appliquer. Ce droit est régi par le principe posé par l’article 1382 du Code civil qui énonce que tout auteur d’un dommage est tenu de le réparer.

Pour poursuivre efficacement le parasite, il faut pouvoir démontrer une faute ayant causé un dommage direct. Le fait matériel de la faute sera généralement établi par la simple copie, car il y a faute civile à utiliser sans droit le travail d’autrui. En revanche le dommage peut être plus difficile à mettre en évidence, spécialement si la base ne connaît pas une exploitation commerciale, susceptible de déclencher les règles de la concurrence déloyale qui sont : détournement de réputation ou de clientèle, baisse massive des interrogations, départ des employés, désintérêt des fournisseurs d'information, etc... Nous pensons toutefois que les promoteurs des bases en question appartenant à des organismes publics ou semi-publics faisant autorité, de nombreux postes de dommages pourraient être valorisés en démontrant que l’argent public a servi à développer des initiatives privées non désirées.

[1] On pourra consulter sur ces différents points : X. Linant de Bellefonds, Droits d’auteur, droits voisins, Dalloz, 2002, nos 286 à 289.

[2] IDDN à l’APP, 70 rue de Ponthieu, Paris.

www.beazley.ox.ac.uk

par Thomas Mannack (Beazley Archive, Oxford)

Introduction

The Beazley Archive (www.beazley.ox.ac.uk) is a research unit of the Classics Faculty of the University of Oxford. The Beazley Archivist is Professor Donna Kurtz. The Archive is housed in small, cold rooms in the basement of the Cast Gallery of the Ashmolean Museum. The Beazley Archive holds the personal archive of Professor Sir John Beazley who was Oxford University’s Lincoln Professor of Art and Archaeology from 1925 until 1956. This archive consisted of tens of thousands of drawings, photographs notes and gem impressions. Not all of the photographs and impressions are of Greek works of art; there are also numerous impressions of Roman and post classical gems and intaglios. It is estimated that there are around 250,000 photographs. About 75% of these are of Greek objects (60% of these of Vases), and 25 % of Roman art.

The University of Oxford acquired his archive in 1965, and on his death in 1970 it was transferred to its present location. Almost all parts of Beazley’s original archive have been added to through benefactions and (very few) purchases. Sir John Boardman, Lincoln Professor between 1979 and 1994 deserves special mention for his generosity: he has donated photographs, negatives, books, off prints and a very large amount of his time to the archive. Not many people realise that many of the introductory and explanatory texts are written by him.

I. The Pottery Database

The Beazley Archive’s web site reflects the main strengths of Sir John Beazley’s archive: Gems, Pottery and Sculpture, as you can see on our Home-Page. Beazley is best known for his extensive and exhaustive study of Greek Pottery. He published a number of widely used list of Athenian vase-painters, Attische Vasenmaler des rotfigurigen Stils in 1925, Athenian Red-figure Vase-Painters in 1941, 1964 and Athenian Black-figure Vase-painters in 1956. In 1971, one year after his death, Paralipomena, with many new vases and additional references was published posthumously. Beazley’s lists are very clearly structured.

This example shows the randomly picked page 3 of ARV. No. 1 on this page is an amphora signed by the potter Andokides. As you can see, Beazley lists the Name of the artist (at the beginning of the list), Shape, an amphora, subtype, an amphora of Type A, Collection and Inventory Number, Provenance, all publications with an illustration of the vase, very short descriptions of the Iconography (distinguishing between obverse and reverse), and Signatures and Kalos-Names (not on this vase, ‘though). In no. 5 you can see a name in square brackets, [Furtwängler]. In this way Beazley notes that the vase has been attributed to the Andokides Painter by another Scholar, and that he approves of the attribution.

This very clear structure of recording information on black- and red-figure vases is known to all students of Greek vase-painting the world over.

In 1978, Professor Kurtz had the idea to create a database of all Athenian black- and red-figure vases not listed by Beazley in ARV, ABV and Paralipomena. The structure of this database was based on that of Beazley’s entries, and in 1979 programmers in the Oxford University Computing services began to work with the Beazley Archive. Researchers, initially Lucilla Burn and Ruth Glynn, then Thomas Carpenter, Maria Pipili, and Melanie Mendonça, recorded all vases published with an illustration (engraving, drawing or photograph) in books and periodicals received by the Ashmolean Library. The information was written on old-fashioned record cards (which we still keep as a backup), and the transferred onto the University’s mainframe computer. A very slow device known as Gandalf connected the Beazley Archive with the outside world. Rapid technological advances forced us, to change the format of our database frequently. But progress meant that in 1991 we became only the second university to grant international on-line access. Dr. Jonathan Moffett, the Ashmolean Museum’s IT officer, had to write special programmes to enable slow networks to cope with large files (large by the standards of 1991).

In 1986 it was decided to add the vases in Beazley’s lists to the by then 16,000 unattributed vases held in the database. Today there are more than 71,000 vases.

In connection with the European and RAMA and LACE projects, the Beazley Archive was able to start the digitisation of the photographs of Attic black-and red-figure vases in 1992. RAMA ( Remote Access to Museum Archives) was a European Union telecommunications project which linked seven European museum databases through broadband networks. The Beazley Archive participated for four years from 1992, and its database went online in 1996 through an International Museum Information Network.

To date there are 35,000 images available. For those who are unfamiliar with the material the importance of the database may not be apparent. The painted pottery of Athens, made between c. 625 and 325BC, is the single richest source of visual information about classical antiquity. In addition to scenes from daily life there are mythical stories that have survived in western culture to this day. The material is critically important to archaeologists, historians, art historians and many other disciplines. Remote users can use any of the fields for searches, and any combination of searches. A search for CUPS in Tours with a youth running, will retrieve one vase. Clicking on an image will open a separate window with a larger image. You will immediately notice a stamp or watermark across the picture: Copyright Tours, Musée des Beaux Arts. Downloaded by Mannack T., Beazley Archive.

The Beazley Archive does not own the copyright of most images in our collection. They have been given to the Archive on the understanding that they will be available for STUDY PURPOSES ONLY. In fact, we do not even allow academics and students to order photocopies unless a vase is lost. And even where we do own the copyright (for example many of our photographs were taken by Mary Beazley), we prefer to advise users to contact museums and collections to obtain photographs.

Several safeguards are in place to protect images against illicit copying :

  • Our images are scanned at a high resolution, but the high-resolution images are used for processing only, and are stored safely and outside reach of remote users. The “thumbnail” images available on the web are low resolution images. They look fine on screen, but cannot be printed to photographic quality.
  • Images have been protected by registration software (Netimage, France) and digital fingerprinting (Datamark, UK, and IBM, US). Images within the site have been registered with an international registration authority approved by the International Standards Organisation. They are issued with a unique license plate number which is encoded into the image into a SPIFF format (ISO JPEG 10918-3 standard). It is an offence under International Law to alter the contents of a registered SPIFF file. SPIFF (Still Picture Interchange File Format) can store images using many different compression methods and colour space schemes. The SPIFF internal layout contains a directory structure.   Standard Entries are defined for this directory, such as creator, time stamp, gamma correction and much more, and the concept is extensible with application-specific tags allowed.
  • Remote users have to register with a user-name and a password. Any use of the database creates a log listing name, address, time of use and all the queries. This log is changed daily.
  • A specially written program disconnects users executing suspicious searches.
  • Our images are converted into a Pyramid format (Scopyr).Users calling up a large image will receive only the selected section in the size of their screens. This prevents copying of large images and speeds up transmission.

II. Other databases related and/or linked to the Beazley Archive’s Pottery database

1. Inscriptions

A fairly large number of Athenian vases bear painted or incised inscriptions. These take a variety of forms — names of painters or potters, names of figures in narrative scenes, rarely captions, names of things or places, rarely names of historical figures, exclamations and trademarks. The Pottery Database has recorded inscriptions on Athenian black-and red-figure vases. The study of Athenian vase inscriptions has been the life work of Henry Immerwahr. He has given the Beazley Archive the eight volumes of his Corpus of Attic Vase Inscriptions with more than 8000 inscriptions. These are being added to the Pottery Database.

Rudolf Wachter has studied the non-attic vase-inscriptions (Non-Attic Greek Vase Inscriptions, Oxford, 2001) and offered this material to the database, as has Alan Johnston, who has studied trademarks (Trademarks on Greek Vases, Warminster, 1979).

2. Corpus Vasorum Antiquorum

Corpus Vasorum Antiquorum is the oldest research project of the Union Académique Internationale. Edmond Pottier suggested in 1920 to publish all ancient pottery in public and private collections with pictures and brief descriptions. The first fascicule was published in 1922; today there are over 300 volumes containing an estimated 100,000 objects (including fragments) in over100 collections in 26 countries. Until recently the plates and text were printed on loose leaves. Therefore quite a lot of libraries will have lost plates. Moreover, most volumes are now out of print. Between 1999 and 2001 the International Committee of CVA discussed the possibility of digitising volumes. The Beazley Archive, well known for the success and accessibility of its Pottery Database, was asked to propose a feasibility study. In 2000 this was accepted by the Committee and by the Union Académique Internationale. The pottery database (described above) has been used as a model for an extensive index to the electronic copies of CVA. Remote users will be able to search for Non-Athenian vases by fabric, technique, shape, museum and inventory number, fascicule, page and plate numbers. Athenian vases in CVA will be linked to the existing pottery database, and will therefore be able to search for iconographical terms, find places, more recent publications, and dates and artists in addition to the fields mentioned earlier. Because of the huge amount of data (images and text), the Archive has also been obliged to purchase a robust server and tape-drive back-up system that cost £30,000; its existing electronic assets plus new assets generated by the CVA project were so large that they could not be made secure by the university. The CVA project digitizes the volumes so that they can be browsed as the originals; the International Committee of CVA specifically requested this. It also creates a record number for each text entry and attaches images to it. This means that the CVA project has not only created an on-line searchable CVA, it has also created a master database of Greek and related pottery produced over a period of more than 700 years. The Beazley Archive hopes scholars of other types of pottery will wish to add their data and images to the CVA Database. When the CVA project has been completed a dedicated web site www.cvaonline.org will be launched. We have translated 8000 terms in the database into German, French, Italian and Spanish in order to provide a multilingual thesaurus of search terms. The text records will be in English as will the other components of the site. Greg Parker, the Beazley Archive’s technical director, will write a computer program that will enable each country to access its own data and images. “Protected by password access, this facility will enable museum curators to edit and update text and image; it will also give them a ready-made database of their collections.

III. Other databases and services

But enough about pottery. The existing database has served as a model for several other classes of objects, among them gems and sculpture.

1. Sculpture

The Beazley Archive owns thousands of photographs of Greek and Roman sculpture obtained by Professor Sir John Beazley and by Professor Bernard Ashmole and many thousands of notes stored in cardboard boxes. During the 1970s the decision was taken not to enlarge the ‘paper archive’ relating to classical sculpture because there were large and well-established photo-archives of Greek and Roman sculpture on the continent, for example in the German Archaeological Institute in Rome. The Beazley Archive and the Forschungsarchiv für antike Plastik in the University of Cologne are exploring the best technical means of searching across their respective datasets. As soon as the Beazley Archive databases are amalgamated this system can be made compatible with Cologne’s.

Between 1992 and 2000 the Archive catalogued the roughly 900 plaster casts in the Ashmolean Museum’s Cast Gallery with the help of European Union telecommunications projects. The casts were photographed, and the images, together with brief information (including information from Beazley’s catalogue of casts) were made available on the web. During the years of the EU telecommunications project, the Beazley Archivist, Professor Donna Kurtz began research into the history of Oxford’s collection of plaster casts. In 2000 she published The Reception of Classical Art in Britain, an Oxford story of plaster casts from the antique. The Catalogue of Casts from the book was placed on the web site and connected with the database of sculpture and its colour. Essays by Professor Kurtz and Sir John provide information.

An on-lone Dictionary, written by Sir John Boardman, provides information on a wide range of   subjects from ancient architecture to mythological figures. I have chosen the entry on amazons as an example.

2. Gems

Beazley’s scholarship of classical engraved gems is not well known today. For that reason his extensive collection (several hundred thousand) of impressions (‘casts’) of engraved gems, which the University of Oxford acquired with the Beazley Archive, are now being used for programs on www.beazley.ox.ac.uk. Sir John Beazley published The Lewes House Collection of Ancient Gems in 1922. In 2001 Sir John Boardman published a revised edition in a second series produced by the Beazley Archive with Archaeopress, Studies in Classical Archaeology. The impressions, Beazley’s library of gem books, and the availability of experts such as Sir John Boardman, Dr Martin Henig, Dr Jeffrey Spier, and Gertrud Seidmann, made the development of programs about engraved gems as natural as the Archive’s work on plaster casts. This slide shows a list of gem programmes. “Styles and Periods” contains introductory essays written by Sir John Boardman. Sir John Boardman has also written two catalogues, Corpus of Classical Phoenician Scarabs and the Danicourt Collection, which have been made available on the web.

For the past three years Dr Claudia Wagner has been working closely with Sir John Boardman on the gem programs. Dr. Wagner has digitised Erich Raspe’s Descriptive Catalogue of a General Collection of Ancient and Modern Gems (1791) with 15,000 impressions of engraved gems made by the Scot James Tassie using photographs (by R.L. Wilkins) of the collection of impressions in the Victoria and Albert Museum. The Tassie Catalogue can be browsed as the original publication; it can also be searched. The images can be enlarged to several times the size of the original.

Dr Wagner and Gertrud Seidmann are currently engaged in research on Prince Poniatowski’s nineteenth-century collection of classical and neoclassical gems. The collection of 2500 gems was dispersed after the death of the Prince, and Dr Wagner is tracing originals in collections and sales catalogues throughout the world.

3. Signatures

Until now I have shown our databases of various kinds of objects. In the near future it will be possible to search across these databases. An excellent example of how the data can be extracted and made to serve another purpose is Signatures of Greek Artists a three- year research project (2002-2004) with the Université Libre de Bruxelles and supported by the Wiener Anspach Foundation. The Brussels team, under the direction of Professor Didier Vivier, will document inscriptions on sculpture, effectively bringing up to date Jean Marcadé’s, Recueil des signatures de sculpteurs grecs (Paris, 1957/8). The Beazley Archive will extract signatures of artists from the pottery and the gems databases for this program. Brief biographical sketches of artists will be provided using sources such as R. Voilkommer’s Künstlerlexikon der Antike (2001) and its predecessor Thieme-Becker’s, Allgemeines Lexikon der bildenden Kunstler der Antike bis zu Gegenwart (Leipzig, 1907-1950). Examples of their work will be taken from existing Archive databases. A cup in Berlin, for instance, bears the signature DORIS EGRAPSEN, Douris painted it. For stylistic reasons, Beazley attributed this cup to his Triptolemos Painter, and thought that this painter either forged Douris’ signature, or that Douris signed the work of a colleague. Immerwahr maintains that the handwritingis that of Douris. With the help of the signature database, users will be able to look at signatures in detail and compare them with others.

4. Antiquarian books

Digitizing the text from Raspe’s 18 century catalogue of James Tassie’s gem impressions marked the beginning of the Beazley Archive’s digitization of antiquarian books. Since many libraries do not have copies of some of the most important antiquarian books on pottery, gems and sculpture, and since libraries who do have them are very keen to protect them, we decided to make a range of books available on the internet. Our various databases provide well known, and ready made indexes. Unlike other library digitization projects this links images of objects illustrated to records in existing Archive databases of pottery, gems, and sculpture. This gives the researcher much added information. The Beazley Archive has, for example, digitised the plates from A. Furtwängler and K. Reichhold, Griechischer Vasenmalerei (1904-1932) and the catalogues of Sir William Hamilton’s vase collection published by P.F.H. d’Hancarville and W. Tischbein. The images can be viewed as the original publication, plate by plate like the CVAs, or they can be viewed as additional illustrations to records in the Pottery Database. The process of digitization depends on the type of publication. Some volumes can be put on an A3 flat-bed scanner, some are captured more easily with a digital camera. The quality of image on the web site is adequate for research purposes, and indeed can be enlarged. Like other images on the web site these are not suitable for reproduction. Since the number of antiquarian books in Oxford with classical pottery, gems and sculpture is large the Antiquarian Book project will be ongoing. The Beazley Archive hopes to be able to coordinate this work with centres in other countries interested in digitising antiquarian books.

5. Technical Structure of the Beazley Archive’s electronic assets by Greg Parker

The Beazley Archive maintains 22 distinct databases which have evolved over the years. There are 63 distinct interfaces to these databases, giving researchers, scholars, web users etc. different methods of accessing the data. The large number of databases and interfaces has become increasing difficult to maintain. A single coherent structure is under development. The difficulty is that a uniform structure, set of fields, and data entry system cannot be enforced on all users as scholars have developed their own idiosyncrasies in their own specialised fields. Therefore, the Beazley Archive is developing a structure that will allow each database user to have a system tailored to his own specification and acting entirely independently of all the other databases, but there is only one physical underlying database. This allows all development and maintenance work to be carried out on a single system instead of performing the same update 63 times every time a change is made. It also allows cross searching of datasets and compilation of thesauri across all datasets. The database uses Microsoft’s SQL Server database engine. It runs on a Windows 2000 Web Server, using Active Server Pages as the programming system. All interfaces to the database are through standard web browsers so access for display and data entry can run on any type of computer world wide. Security is in place to prevent unauthorized users altering data. This allows the Archive to work closely with researchers in other organizations. Images are scanned at high resolution, then copyright registration information is embedded into the image, then it is converted to a pyramidal format which allows it to be displayed through a web browser.

Site web et bases de données du LIMC

par Pascale Linant de Bellefond et Anne-Violaine Szabados (LIMC)

La publication du Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae, ouvrage encyclopédique sur les images de la mythologie gréco-romaine (8 volumes doubles et 2 volumes d’indices parus de 1981 à 2000), impliquait le rassemblement à une vaste échelle d’une documentation très dispersée et souvent méconnue. L’UMR 7038 (CNRS-Université de Paris X), composante française de l’entreprise internationale du LIMC, a effectué ce travail dans les musées et sur les sites archéologiques français mais également dans un certain nombre de pays du bassin méditerranéen et d’Europe centrale : plusieurs milliers de représentations mythologiques ont ainsi été inventoriées et photographiées in situ, puis analysées dans son centre parisien.

Dès les années 1980, les membres de l’équipe ont conçu un système informatique destiné à faciliter l’enrichissement et la consultation de cette documentation. Progressivement les fiches analytiques font donc l’objet d’un traitement informatisé (à l’aide du logiciel Access, Microsoft) et les clichés de la photothèque sont systématiquement numérisés. La base de données ainsi réalisée, LIMCicon, est désormais interrogeable en ligne sur le site web de la Maison René Ginouvès (MAE).

Particularités de la base de données LIMCicon

La base de données LIMCicon n’est pas la version informatique du Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae mais l’expression informatisée du fonds documentaire de l’équipe française, constamment enrichi des documents récemment découverts ou publiés. Cette base présente plusieurs caractéristiques originales :

  • elle prend en compte toutes les catégories de documents gréco-romains servant de support à une image mythologique ou religieuse, depuis l’époque mycénienne jusqu’à la fin de l’Antiquité ;
  • elle est illustrée d’images numériques ;
  • elle est interrogeable en plusieurs langues grâce à l’interface web et aux listes de descripteurs disponibles en français, allemand, anglais, grec moderne, italien, russe et, bientôt, espagnol ;
  • elle est évolutive et adaptable à d’autres champs de recherche : c’est ainsi, p. ex., que les témoignages de voyageurs et érudits des temps modernes sur des images antiques aujourd’hui disparues ou partiellement détruites y sont désormais intégrés.

Organisation de l’information : structure informatique et champs

Si le domaine de recherche du LIMC est l’iconographie, le support matériel de l’image, qu’il soit un objet dans sa totalité (p. ex. une statue) ou une partie d’un ensemble (p. ex. un mur de maison pompéienne ou encore un fragment d’une mosaïque dispersée entre plusieurs musées) reste l’unité documentaire de la base. Ainsi, à chaque support de représentation figurée correspond un enregistrement, une fiche « OBJET », signalant les données suivantes :

  • le lieu de conservation et le n° d’inventaire (y compris les localisations précédentes)
  • le lieu de trouvaille et l’aire de fabrication
  • la nature du support (dénomination, matériau, dimensions)
  • la technique de représentation
  • la datation et l’attribution à un artiste ou un atelier
  • la bibliographie (incluant un renvoi aux articles du LIMC, étant entendu que les objets enregistrés dans la base ne sont pas tous catalogués dans l’ouvrage)
  • les inscriptions portées sur le document
  • une image représentative de l’objet

A chaque fiche « OBJET » sont reliées une ou plusieurs fiches « ICONOGRAPHIE » comportant la description de la représentation figurée et les mots-clés qui s’y rattachent (personnages, attributs, animaux, objets, thèmes, etc.).

La souplesse de cette structure informatique permet de traiter la plus grande variété d’objets et de systèmes décoratifs. Le nombre de fiches ICONOGRAPHIE peut en effet être multiplié à loisir, p. ex. pour analyser les différentes scènes sculptées sur un sarcophage.

Un principe analogue est appliqué aux images : chaque fiche « ICONOGRAPHIE » est illustrée d’une ou plusieurs images numériques (vue d’ensemble de la scène, détails, dessin ancien, etc.).

L’ergonomie de l’interface web

Consciente de la nécessité de faciliter l’accès aux informations contenues dans la base, l’équipe française du LIMC a porté une attention particulière à l’ergonomie de l’interface web. Ce souci du confort de l’internaute concerne en particulier les outils d’interrogation. Le site propose ainsi plusieurs modes de recherche :

  • recherche détaillée
  • recherche transversale (« full text ») et méta-recherche

La « recherche détaillée » présente un choix de champs pertinents, combinables entre eux, dans lesquels les termes de l’interrogation peuvent être saisis librement ou à l’aide de listes de descripteurs, traduites dans sept langues comme les écrans de l’interface web. Le système informatique veille alors à ne proposer en liste que les expressions effectivement utilisées dans les enregistrements diffusés sur le web.

Pour répondre aux pratiques de notre domaine, certaines de ces listes ont été conçues comme des thesauri et reposent sur une hiérarchie ou des équivalences entre les termes. P. ex., une interrogation sur le terme « animal » apportera en réponse les fiches comportant les termes « biche », « taureau », « chouette », etc. Ces thesauri permettent notamment de résoudre le problème des appellations multiples de certains objets (p. ex. « caducée », « kérykeion », « caduceus ») ou de sites antiques (p. ex. « Hippo Regius », « Hippone », « Annaba » ou « Bône » [avec ou sans accent]).

Le système informatique facilite également la saisie des noms d’artistes. En effet, dans la tradition anglophone, prédominante dans l’attribution des noms de peintres de vases grecs, l’élément caractéristique est le plus souvent en début d’expression, ce qui permet de présenter des listes en ordre alphabétique. Mais ce n’est pas le cas dans d’autres langues (« Pan Painter » en anglais devient « Peintre de Pan » en français). Afin de contourner cette difficulté, la liste disponible à l’interrogation propose des expressions « inversées » (« Pan, Peintre de »), tandis que la réponse apparaît selon la formulation normale « Peintre de Pan ».

Un second type d’écran de recherche, appelé « recherche transversale », permet à l’internaute de formuler une requête portant sur l’ensemble des données (recherche de type « full text ») ; cette requête peut être saisie dans un seul champ, ou dans deux champs combinables par des opérateurs booléens. L’utilisateur peut ainsi rechercher un terme sans savoir dans quel champ il a été saisi.

Le même écran propose également, de façon encore expérimentale, une « méta-recherche » qui associe, lors de la requête, un choix de bases de données traitant de sujets proches. Grâce à cette passerelle d’interrogation, l’utilisateur peut p. ex. demander, en une seule formulation, les documents comportant « Zeus » dans les bases de données du LIMC et dans celles du Beazley Archive d’Oxford. En réponse apparaîtront les écrans respectifs de chaque site et la liste des documents pertinents. A cet égard, la Table Ronde de Tours nous a confortées dans l’idée qu’il est souhaitable de multiplier ce genre de passerelles d’interrogation entre bases de données voisines.

Les autres bases de données du site LIMC-France

A côté de la base LIMCicon, deux autres bases sont interrogeables en ligne sur le site LIMC-France :

  • la base LIMCbiblio, elle aussi constamment tenue à jour, complète les informations bibliographiques parues dans les volumes du LIMC. Elle est interrogeable par noms de personnages mythologiques.
  • la base LIMCabrev permet de retrouver l’intitulé complet correspondant aux abréviations bibliographiques utilisées dans les publications de la Fondation pour le LIMC et sur le site web.

Les bases de données et le site web de l’équipe française du LIMC ont, dès leur création, été considérés comme des outils de travail et de diffusion souples permettant également d’explorer les possibilités offertes par l’informatique. Ils sont donc destinés à évoluer régulièrement pour s’adapter au mieux à notre domaine de recherche et aux attentes des utilisateurs ainsi qu’aux progrès de la technique. Par ailleurs, le respect des droits d’auteur est une préoccupation constante qui a impliqué l’installation de verrous empêchant la diffusion des documents inédits, que l’information ainsi filtrée soit une image ou une donnée écrite. La diffusion des photographies est soumise à l’autorisation des détenteurs de droits, et chaque image diffusée est accompagnée d’une mention contenant le rappel de ces droits.

Pascale Linant de Bellefonds, directrice de l’équipe française du LIMC

Anne-Violaine Szabados, administratrice des bases de données LIMC-France

janvier 2004

N.B. En attendant l’installation prochaine à la MAE d’un serveur SQL permettant l’utilisation de caractères non latins, les bases de données du site LIMC-France ne sont pour l’instant disponibles qu’en version francophone.

ICAR : une base de données pour les scènes figurées de l'Italie préromaine

par Natacha Lubtchansky (Université de Tours et UMR 7041) - Annick Fenet (UMR 7041-Nanterre) - Sylvain Mottet (Université de Paris V)

Introduction

ICAR (IConographie-ARchéologie) est une base de données informatisée des scènes figurées de l’art étrusque et italique, diffusée gratuitement sur Internet. Son nom indique qu’il s’agit d’un programme d’étude iconographique qui tient compte du contexte archéologique des images. L’envergure de la base est immense, mais elle a aussi sa propre cohérence qui repose sur une unité géographique et chronologique : toutes les scènes envisagées dans la base proviennent de l’Italie et sont datées d’avant l’époque romaine, c’est-à-dire du VIIIe siècle avant J.-C. jusqu’au début de l’époque hellénistique [1]. L’objectif est comparatiste : la base doit permettre de comparer des scènes d’époques différentes et élaborées dans des cultures différentes [2]. Devant l’ampleur de la tâche, il est nécessaire de procéder en traitant des ensembles documentaires clos, afin que l’utilisateur de la base sache ce qu’il peut s’attendre à y trouver.

1. Historique et générique

La création de cette base de données est née d’une réflexion plus générale sur l’image menée par le groupe Image et Religion. Ce groupe de recherche, formé à l’École française de Rome en 1999, se réunit régulièrement, à l’occasion de séminaires et de colloques internationaux, pour confronter différentes approches scientifiques comme l’Anthropologie et l’Histoire des Religions, l’Histoire de l’Art, l’Iconographie ou l’Archéologie, dans une étude des images de l’Antiquité classique [3]. Associé à une réflexion méthodologique et historiographique sur les modes de lecture de l’image antique, ce programme repose aussi sur l’élaboration d’une base de données iconographique sur les mondes étrusques, italiques et italiotes, selon une perspective qui dépasse les seules images à contenu « religieux ». La base reprend l’approche comparatiste qui est celle du programme Image et Religion, ainsi que son orientation archéologique et historiographique. La création d’une banque informatique comparable à ce qui existe déjà pour les textes antiques ou même pour les images de l’Antiquité classique, comme la base des vases attiques des Archives Beazley d’Oxford [4], est apparue comme de première nécessité pour l’iconographie de l’Italie préromaine. En effet, les études d’iconographie ont besoin des mêmes outils informatiques qui sont en usage dans les autres domaines de la recherche historique. En outre, il semble tout à fait souhaitable aujourd’hui d’utiliser les possibilités que nous offre l’Internet pour réunir une information qui est souvent difficile à atteindre et à rassembler. Il paraît important, d’autre part, que des compatibilités d’interrogation soient possibles avec les autres bases de données existantes ou en élaboration, avec lesquelles il faudrait établir des liens.

ICAR existe depuis 2001. C'est un programme conçu et dirigé par Natacha Lubtchansky, Maître de Conférence en Histoire de l'Art et Archéologie à l'Université de Tours. Il se développe dans le cadre des activités de l'équipe ESPRI, dirigée par Agnès Rouveret, de l'UMR 7041, à la Maison René-Ginouvès de Nanterre, avec la collaboration de l'École française de Rome et de l'Institut national d'Histoire de l'Art. La première phase, financée par une ACI Jeunes Chercheurs du Ministère de la Recherche, a consisté en l'élaboration de la structure de la base et dans le traitement d'un premier corpus, la peinture funéraire étrusque. L'équipe a été composée d'un informaticien, Sylvain Mottet (CNRS-Université de Paris V), et d'une rédactrice et documentaliste, Annick Fenet (ESPRI-UMR 7041), assistée de Laurent Haumesser (ESPRI-UMR 7041) et Ludi Chazalon (Aix-en-Provence).

2. Conception et orientation

ICAR rassemble une documentation iconographique et archéologique :

  • un parti pris iconographique : ICAR ne considère que les objets archéologiques de l’Italie préromaine portant une scène figurée. Ainsi, dans le traitement du corpus de la peinture funéraire étrusque, n’ont pas été retenues les tombes qui ne sont décorées que de motifs ornementaux : toutes les tombes peintes d’Étrurie ne sont donc pas présentes dans la base. D’autre part, toute l’information est organisée en fonction de cette perspective iconographique : l’image est la donnée centrale et la plus documentée, du point de vue de la description, de la datation, de l’attribution, de la technique, de l’histoire de la découverte et de la collection, de l’interprétation, de la bibliographie et de l’illustration. D’autres données sont aussi consignées, principalement concernant l’objet support de la scène.
  • une orientation bibliographique et historiographique : ces différentes informations sont explicitement accompagnées de la référence bibliographique d’origine. Par exemple, dans le cas de la datation d’une scène, trouveront place les différentes propositions faites par les chercheurs, avec à chaque fois la référence bibliographique en question (figure 1). Le même parti pris est adopté pour l’attribution à un peintre, pour la provenance (dans le cas où plusieurs sites archéologiques ont été proposés), pour l’interprétation de la scène.

La bibliographie de chaque scène et de chaque support (objet) est donc bien sûr donnée dans la base, mais la spécificité d’ICAR est de proposer une bibliographie analytique. L’information fournie par chaque référence bibliographique est répartie dans les différents champs de la base, et dans le cas de l’interprétation iconographique de la scène, un résumé de l’ouvrage ou article est proposé. En outre, la base ne consigne pas le résultat de recherches non publiées. De sorte que nous ne donnons pas de nouvelles interprétations, nous nous gardons de commenter celles qui sont publiées et nous essayons de livrer une information aussi objective que possible [5]. Ainsi, plusieurs champs peuvent apparaître vides dans la mesure où aucune étude n’a apporté d’information sur le point en question.

3. Contenu

Nous avons essayé dans un premier temps de distinguer, dans l’information livrée sur la scène figurée et l’objet archéologique, les faits des interprétations. Mais cette exigence s’est vite avérée impossible. En effet, établir ce qui constitue la scène figurée relève déjà de l’interprétation : ce que nous définissons comme une scène, varie d’une époque à l’autre, comme l’a bien montré A. Rouveret [6]. On ne peut, par exemple, individualiser les différentes scènes de jeux de la même façon dans la Tombe des Augures et dans la Tombe des Biges de Tarquinia.

Dans l’établissement de la description nous avons choisi d’introduire le moins d’interprétation possible : ainsi nous n’identifions pas « Héraclès » mais « un homme avec une peau de lion et une massue ». La description est rédigée et elle utilise un même sens de lecture (de la gauche vers la droite), un même schéma syntaxique et un vocabulaire récurrent (figure 2).

Les interprétations iconographiques proposées dans la bibliographie publiée sont résumées et nous proposons de façon abrégée quelles identifications ont été données des personnages représentés et du motif iconographique, ainsi que les valeurs (sociale, mythologique, rituelle…) attribuées à la scène (figure 3).

Une liste de mots-clés préétablie organise de façon différente l’information contenue dans la description et dans les interprétations. Ainsi, pour reprendre le même exemple, on trouvera dans la liste des mots-clés de cette scène « bâton », « Héraclès » mais aussi « Thésée », si une telle interprétation a été proposée dans la bibliographie.

En ce qui concerne les illustrations, elles sont aussi complètes que possibles : photographies en couleurs, en noir et blanc, dessins, lithographies, gravures peuvent donner des états à chaque fois très différents des scènes figurées (figure 4). Dans le cas des tombes peintes ou de supports complexes, un plan ou un croquis indiquant l’emplacement de la scène est proposé. Chaque illustration est accompagnée de légendes détaillées et d’informations sur l’origine de l’image.

Les autres informations concernent le support de la scène figurée : les techniques de fabrication, la datation, l’attribution à un artiste ou un atelier, le site et la date de découverte (avec les informations connues sur le contexte archéologique), le lieu de conservation et, le cas échéant, l’histoire des collections auxquelles l’objet a appartenu, la mention des motifs ornementaux associés à la scène figurée. Ces données, même si elles sont moins développées que l’information iconographique, sont indispensables à l’établissement d’une documentation complète de la scène.

La base d’enregistrement utilise le logiciel File Maker Pro.

La question juridique des droits de publication des illustrations sur Internet est délicate. La nature de la diffusion n’est pas commerciale puisque la consultation est gratuite. Les images sont protégées sur Internet par un filtre qui empêche qu’on puisse les récupérer à haute définition.

4. L’interrogation sur Internet

L’adresse du site est http://icar.huma-num.fr/. Le site a été créé sur une base SQL avec un langage PHP. Il est conçu pour être utilisé par des chercheurs en iconographie, mais aussi en archéologie ou en stylistique de l’Antiquité classique, ainsi que par les étudiants, dans la mesure où il leur donne accès à tout un ensemble de données qui leur sont habituellement difficiles d’accès.

  • La feuille d’interrogation. Les critères interrogeables dans la base sont regroupés en cinq rubriques (figure 5) : le support de la scène, la datation et l’attribution, le lieu de découverte, le lieu de conservation, les motifs décoratifs associés à la scène, l’iconographie de la scène. Chaque rubrique propose entre un et neuf critères, si bien que l’interrogation peut être particulièrement fine. Il est en effet possible de combiner des demandes très variées, par exemple sur :
    • un détail iconographique et une datation : « quelles sont toutes les représentations d’œuf entre 480 et 450 avant J.-C. ? »
    • un personnage et une provenance archéologique : « quelles sont toutes les représentations d’Héraclès provenant de Chiusi ? »
    • un thème iconographique, une datation et un lieu de conservation : « quelles sont les représentations de symposion du Ve siècle conservées au Musée de Tarquinia ? »
    • une référence bibliographique et un personnage: « à propos de quel objet B. D’Agostino a-t-il parlé d’acrobate ? »
    • une valeur iconographique et une référence bibliographique : « M. Pallottino a-t-il attribué une valeur eschatologique à certaines scènes figurées étrusques ? »

    Les demandes peuvent être formulées en texte libre ou, le cas échéant, grâce à des listes de mots préétablies.

  • Les réponses et navigation. A la suite d’une interrogation simple ou combinée, ICAR affichera deux types de réponses : la (ou les) scène(s) figurée(s) et le (ou les) support(s)/objet(s) (figure 6). L’utilisateur pourra ainsi consulter soit la fiche de la scène figurée concernant sa question, soit la fiche complète de l’objet décoré de cette scène. Il aura ainsi accès à toute la documentation enregistrée sur la scène ou le support en entier, avec les informations réparties en différentes rubriques (figure 7) : sur la typologie de l’objet archéologique avec la bibliographie générale, sur toutes les datations et attributions d’artistes proposées par les chercheurs, les lieux de découverte et de conservation attestés pendant l’histoire moderne de l’objet, la description, la technique d’exécution, les interprétations iconographiques proposées et les illustrations (figure 8), sous forme de vignettes, dans un aperçu général, ou en format écran.

Lorsque l’utilisateur a eu accès à une fiche, il lui est en outre possible de « naviguer » vers d’autres fiches à partir de n’importe quel critère présentant un « lien » : toute information apparaissant dans une police couleur bleue permet en effet de passer à d’autres fiches « scènes » ou « support » dans la base ICAR. Par exemple, en sélectionnant une des références bibliographiques données pour la Tombe du Triclinium, L. Canina, L’antica Etruria marittima, Roma, 1846-1851 (figure 9), ICAR affichera les autres fiches que cette référence bibliographique évoque (figure 10). Dans cette même tombe, dans la liste des mots-clés de la scène de la paroi d’entrée avec les deux cavaliers, figure le terme « Dioscures », dans la mesure où c’est une interprétation qui a été proposée par F. Roncalli (figure 11). En sélectionnant ce mot-clé, l’utilisateur pourra consulter les autres fiches des objets ou scènes pour lesquels la même identification a été suggérée dans la bibliographie (figure 12).

5. État d’avancement des travaux et perspectives

Afin de proposer un programme cohérent, nous traitons intégralement chaque corpus d’objets publiés. Nous avons achevé un premier ensemble, celui des tombes peintes étrusques, qui compte actuellement 182 fiches « support », 570 fiches « scène », 1075 illustrations, 433 références bibliographiques dépouillées. Ces chiffres sont sans cesse modifiés puisque la base est mise à jour au gré des publications. Le traitement d’autres corpus est en projet : L. Chazalon et J.-R. Jannot traiteront les reliefs archaïques de Chiusi ; R. Benassai (Université de Santa Maria Capua Vetere) et L. Chevillat (Université de Tours), la peinture campanienne des époques classique et hellénistique ; L. Finochietti (Université de Salerne), la peinture daunienne et les stèles dauniennes ; D. Palaeothodoros (Université de Thessalie – Volos), la peinture à figures noires des vases étrusques de l’époque archaïque ; D. Frère (Université de Lorient), les vases étrusco-corinthiens ; L. Haumesser (Université de Paris X-Nanterre), les sarcophages figurés étrusques. En outre, le programme ICAR servira de support pédagogique à un séminaire doctoral régulier en iconographie, proposé par l’École française de Rome et l'École française d'Athènes.

[1] Les critères chronologiques sont dépendants de chaque corpus étudié.

[2] Cette comparaison est souhaitable aussi avec l’art grec, ibérique, etc.

[3] A paraître dans supplément BCH.

[4] Adresse électronique : http://www.beazley.ox.ac.uk.

[5] Dans le cas d’une datation, d’une attribution d’artiste ou d’une interprétation iconographique, nous n’avons mentionné que l’auteur qui le premier a proposé l’hypothèse en question, sans citer ceux qui se sont par la suite ralliés à ce point de vue.

[6] A. Rouveret, « Espace sacré, espace pictural : une hypothèse sur quelques peintures archaïques de Tarquinia », Annali dell'Istituto universitario orientale di Napoli. Sezione archeologica X, 1988, p. 203-216.

Les bases de données de l'Institut national d'Histoire de l'Art

par Janny Léveillé (Institut national d'Histoire de l'Art)

Cette intervention, proposée par la responsable de la cellule ingénierie documentaire au département des études et de la recherche à l’INHA, a consisté en la présentation du projet de la future banque de données multimédia destinées aux chercheurs français et internationaux en extranet.

Périmètre de cette banque de données : elle gèrera les données textuelles ainsi que les documents en images fixes, en images animée et les documents sonores qui peuvent y être liés.

Cette banque de données sera commune aux deux départements de l’INHA, le département des études et de la recherche donc, ainsi que le département de la bibliothèque et de la documentation par une interface avec le progiciel Loris qui assure la gestion du catalogue commun de la bibliothèque et de ses bibliothèques partenaires.

Démarche du projet : une étude de besoins a été conduite auprès des conseillers scientifiques, des pensionnaires et de leurs équipes de chargés d’étude de l’INHA et de certaines des équipes de chercheurs partenaires de l’INHA (comme par exemple le centre Louis Gernet) via différentes réunions, retour de documents et étapes de validation jusqu’à la réalisation d’un cahier des charges. Ce cahier des charges sera le document de référence pour l’élaboration de la solution qui fera l’objet d’un marché public compte tenu des investissements en jeux et pour une mise en concurrence.

Environnement technologique envisagé : l’INHA est ouvert à des solutions classiques et ayant fait largement   leurs preuves dans le domaine de la gestion documentaire réellement multimédia, mais aussi à des solutions en complémentarité telles que certaines « briques »   conçues à partir de XML pour résoudre certains aspects de mise ne forme et de consultation aisée.

La base de données "Histoire de la connaissance des vases grecs"

par Martine Denoyelle (Musée du Louvre - INHA)

Cette base de données texte-images s’inscrit dans le cadre des programmes associés de   l’INHA :   elle est issue en l’occurrence d’un partenariat entre le Musée du Louvre, l’Institut lui-même et le Centre Louis Gernet. La première institution, à laquelle j’appartiens, apporte une contribution en industrie (la mienne) mais fournira également à terme une contribution matérielle avec le reversement dans la base des   photographies noir et blanc numérisées (2 par objet) de tous les vases du Louvre qui y seront présents (environ 300) ; l’Institut, à travers des crédits du programme européen AREA, Archives of European Archaeology,   a affecté pour sa part à l’opération, depuis juin 2002, un certain nombre de mois de vacations destinés à la saisie des données ainsi qu’à la saisie et à la mise au point de la bibliographie et aux recherches annexes sur l’identité des collectionneurs ;   dans le cadre de l’Institut, le projet bénéficie par ailleurs de la collaboration active de Sabine Jaubert, chargée d’études (dépouillement de la série des volumes de l’Élite des monuments céramographiques, de Lenormant et de Witte) ; enfin, au Centre Louis Gernet , Agnès Tapin et François Lissarrague ont entrepris cette année dans cette perspective le dépouillement des premiers volumes d’Hancarville sur les vases de la collection de William Hamilton.

Comment définir cette base ? Nature, procédés et objectifs

Le principe de constitution et d’enrichissement de la base est assez simple : il consiste à collecter des informations sur l’histoire des vases grecs, en particulier sur l’histoire de leur passage par les collections et sur celle de leur interprétation, en dépouillant les recueils antiquaires de toute origine consacrés aux vases ou contenant des vases, depuis les premiers, à l'extrême fin du XVIIe siècle   (M.A. de La Chausse, Museum Romanum, 1690 ; L. Beger, Thesaurus Brandenburgicus, 1696-1701) jusque vers 1850, un moment où les grandes collections publiques sont constituées et où l’approche scientifique prend une forme différente, c’est-à-dire où l’on passe du « musée de papier » à la collection de musée.

Les planches gravées sont analysées de manière critique, les informations textuelles en rapport sont reportées ou synthétisées, et cette fiche de description textuelle est destinée à être accompagnée d’une photo numérisée-   issue de campagnes systématiques de numérisation soit entreprises par la bibliothèque de l’INHA pour les volumes qu’elle conserve (un premier train sera engagé en 2004-2004), soit commandées à d’autres bibliothèques.

Chaque vase représenté est identifié, ou décrit, dans une fiche annexe liée à la   fiche de la planche (« fiche-objet »), qui rassemble les principaux éléments d’information sur l’objet. Le travail de dépouillement se fait dans un ordre grosso modo chronologique, mais pas exclusivement puisque il est nécessaire de tenir compte des opportunités offertes par la présence des livres à tel ou tel endroit, et par la participation des chercheurs travaillant sur telle ou telle période.

Je me suis rendue compte, aux questions qui m’ont déjà été posées, qu’il est assez difficile de définir en termes simples la nature de cette base, et j’aimerais faire une petite parenthèse à ce sujet. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une base d’archives. S’agit-il d’une base bibliographique ? Non, puisqu’elle a pour objet principal la connaissance des vases grecs et non le catalogage des ouvrages. S’agit-il alors d’un corpus d’œuvres informatisé ? Pas davantage. En réalité cette base, d’une nature mixte,   a été conçue en premier lieu comme un outil destiné à classer, à enrichir et à rendre accessible la documentation historique indispensable aux divers chercheurs travaillant sur les vases grecs, universitaires, étudiants ou conservateurs de musées, documentation dont la particularité est à l'heure actuelle le peu d’accessibilité ou le côté dispersé : qu’il s’agisse de retracer le parcours d’un objet à travers diverses collections privées (une entreprise encore peu répandue en regard de ce qui se fait pour la peinture d’époque moderne, ou, pour la sculpture antique), de retrouver des éléments menant à son lieu de découverte initial   ou de réunir les diverses interprétations faites à travers le temps des scènes qu’il porte, la difficulté est de devoir trouver, compulser et mettre en relation des types de témoignages divers, notes, dessins, archives, recueils gravés souvent rares et très peu reproduits, ou consultables dans des conditions restreintes suscitées par leur rareté et la nécessité de les préserver (ainsi l’interdiction de photocopier, qui constituait jusqu’à présent un frein considérable à ce genre de recherches).

Dans l’ensemble des   vases constituant le noyau historique de la connaissance scientifique moderne, certains sont bien connus et figurent dans plusieurs ouvrages (parfois illustrés par les mêmes gravures), d’autres sont repérables par recoupement, et d’autres enfin ont aujourd’hui disparu (la désignation « localisation inconnue », dans la rubrique « localisation » de la fiche-objet, concerne à l’heure actuelle 250 des 557vases enregistrés)  : mais ces disparitions ne sont ni totales ni définitives. D’une part, le travail d’analyse effectué à l’occasion de l’enregistrement dans la base génère leur réinsertion dans le corpus scientifique actuel, qu’elle enrichit de nouveaux éléments : on peut identifier, sur une planche gravée, la technique, la date, l’iconographie, l’atelier producteur, et on peut même souvent attribuer un vase, ce qui permettra son reclassement dans les listes, sa prise en compte lors d’une étude ou aussi la restitution avérée de son lieu de découverte, un type d’information que les vicissitudes de l’objet ont souvent déformée ou carrément modifiée; d’autre part, l’évanouissement dans la nature de certains objets, au cours du XIXe siècle, est dû à la dispersion sur le marché des collections privées constituées à cette époque et ne signifie pas qu’ils aient été détruits, mais simplement, le plus souvent, qu’ils n’ont pas été republiés depuis et/où sont conservés en mains privées, en marge des circuits de la connaissance scientifique; et leur repérage sera grandement facilité par la mise en relation des données actuelles et anciennes qu’autorise la base, et par l’élargissement considérable de leur impact qu’entraînera la diffusion en extranet de celle-ci. Je n’ai aucun doute sur la probabilité que les consultations à distance de la base favoriseront sa mise à jour par l’apport d’informations nouvelles venant de partenaires divers : en ce sens, elle devrait avoir, dès qu’elle sera mise en ligne, une dynamique interactive.

La saisie elle-même est en soi un travail de recherche, et produit des résultats, comme tout travail de classement et d’organisation des données, notamment en mettant en évidence des groupes d’informations qui créent des pistes thématiques,   particulièrement manifestes pour l’instant dans le champ de l’histoire des collections, qui est certainement le plus factuel.

Finalement, il s’agit à la fois d’une base de recherche et de documentation, dont la caractéristique est que la spécialisation du chercheur qui y participe lui permet de mettre à disposition la documentation spécifique générée, déjà triée et utilisable immédiatement. Le problème des rapports entre recherche et documentation est délicat, et marqué par la réticence naturelle des membres de la communauté scientifique à communiquer, surtout tant que la recherche n’a pas été publiée et validée,   la documentation qu’ils rassemblent au fur et à mesure de leur activité. En ce sens, l’avantage des démarches de type classificatoires est que l’un de leurs objectifs essentiels est précisément de fournir à la communauté un ensemble d’informations en ordre : pour cette raison, la conception de cette base reflète tout simplement d’une part   celle d’un certain nombre de ces musées de papier qu’elle se propose de faire connaître, et d’autre part, elle présente des affinités avec les travaux effectués sur les vases par un Beazley ou un Trendall, dont le modus operandi et le projet, finalement, appelaient déjà les principes de l’informatique documentaire (la preuve en est que le Beazley est informatisable sans modifications structurelles).

Structure de la base

Elle a été mise au point en 2002 avec la collaboration de Sylvain Mottet, informaticien ; c’est une base sous FMP5, constituée de 3 fichiers principaux liés entre eux : un fichier « livre », un fichier « planche » et un fichier « objet »  ; à part, un quatrième fichier FMP5 développe les abréviations bibliographiques utilisées dans la bibliographie de référence de l’objet. On compte à l’heure actuelle 1373 fiches : 20 fiches « livre » (1 par volume) ; 800 fiches « planche » ; 553 fiches « objet ». Les reversements du début de l’année prochaine (issus des dépouillements effectués par les collaborateurs) feront monter l’ensemble à 1700 fiches.

Présentation

La fiche livre : il ne s’agit pas d’une fiche aux normes bibliothécaires, elle est, en fait, assez succincte, mais elle contient les informations qui développent   la référence abrégée portée sur chaque planche, et dans le champ multivalué de la fiche-objet où se cumulent les références aux recueils gravés. Pour une référence bibliographique aux normes, la base, par ailleurs, offrira un lien   avec le catalogue informatisé de la   bibliothèque inha.

La fiche planche : y est établie unedescription critique de la planche gravée, qui recense les informations objectives portées sur celle-ci et synthétise les informations en relation dans les pages de commentaire. Il peut être nécessaire de traduire ou de transcrire certaines mentions (par exemple, les noms de villes et de collectionneurs qui font souvent l’objet d’imprécisions de la part des auteurs des recueils)   pour les normaliser et rendre possible une recherche sur les termes.

La fiche objet : c’est la fiche descriptive propre à chaque vase, qui recense les informations « secondaires » générées par le dépouillement des livres. L’identification ou seulement la détermination d’un nouvel objet au cours du dépouillement (c’est-à-dire, après vérification,   qui n’est pas encore présent dans la base), entraîne la création d’une nouvelle fiche, dont les informations essentielles ( désignation, attribution, localisation, numéro d’inventaire) sont automatiquement reportées dans la section « cartel » de la fiche planche. Dans le champ multivalué situé au bas de la fiche s’affichent les références aux recueils déjà dépouillés, dont un simple clic fait apparaître la fiche « planche » ; on a ainsi d’un seul coup d’œil la liste bibliographique ancienne de l’objet.

On voit bien, en circulant d’une fiche liée à l’autre, en particulier dans le sens « planche »-« objet », que la fonction primordiale de la base est celle d’index iconographique des recueils gravés. Mise à disposition dans une bibliothèque, elle permettra à la personne qui consulte le recueil de savoir immédiatement ce que représente chaque planche et comment celle-ci est reliée aux corpus scientifiques actuels . Jusqu’à présent, on pouvait consulter pour cela l’index bibliographique du Beazley, où ne néanmoins sont dépouillés, pour la céramique attique, seulement les plus importants de ces recueils (Dempster, Passeri, Hancarville), les listes de concordance de F. Brommer (Konkordanzlisten zu alter Vasenliteratur, 1979), incomplètes et assez souvent imprécises, avec cet inconvénient majeur que la céramique italiote, qui forme la masse la plus importante des collection aux XVIIIe et au début du XIXe siècle, et donc le gros des objets étudiés dans les recueils de cette époque, n’y est que très partiellement prise en compte.

Différents types de recherche, simple ou plus complexe, peuvent être envisagés sur les champs analytiques de la fiche « planche » comme sur ceux de la fiche « objet » :

  • Recherche simple : par référence abrégée du volume (réf. abrégée/numéro de planche), par nom de collectionneur, par nom d’artiste, par nom de graveur, etc… par personnage mythologique dans le champ interprétation ; de la même façon dans la « fiche-objet », par localisation/numéro d’inventaire (appel d’une fiche précise) pour retrouver directement un vase.

Dans la fiche objet, à l’inverse, la recherche sur le champ « description » permettra de regrouper les différentes lectures d’un personnage ou d’un type de scène faites dans le temps , ou simplement de rechercher pour un même vase l’historique synthétisé des différentes interprétations.

C’est pour l’instant dans le champ de l’histoire des collections que la somme et le croisement des informations enregistrées fournissent les pistes thématiques les plus précises ; la fiche-objet de chaque vase recevant au fur et à mesure des dépouillements mention des différents collectionneurs qui l’ont eu en leur possession, on voit surgir les réseaux relationnels propres à un époque ou à un lieu, ainsi, par exemple,   à travers l’abondance inattendue des collections de vases aux mains des officiels dans les hautes sphères du Consulat et de l’Empire (collections de la Malmaison, de la maréchale Soult, du Comte de Forbin, des Murat, de Vivant Denon, d’ Ingres, de Lettier, Directeur de l’Académie de peinture à Rome, du Baron Gros ou de Turpin de Crissé… ce qui atteste pour cette époque d’une valeur de référence particulièrement forte du vase antique alors qu’il commence seulement à devenir un objet de collection en France: Ces pistes sont précieuses non seulement pour l’histoire du goût et pour l’histoire culturelle en général, mais permettent également de mettre en lumière le phénomènes qui déterminent à un moment de son évolution les grandes orientations d’une discipline, soit ici la connaissance scientifique du vase grec.

Les perspectives d’extension de la base en termes de partenariat et de matériau scientifique sont nombreuses, et des contacts ont déjà été pris à l’étranger avec des institutions ayant des programmes de recherche proche. On peut envisager en outre la prise en compte d’autres supports que les recueils gravés, dont le dépouillement permettrait de collecter des informations complémentaires, ainsi les catalogues de ventes d’antiques du XIXe siècle, qui n’ont fait jusqu’à présent l’objet d’aucune analyse systématique à l’exception des concordances manuscrites établies par Nicolas Plaoutine, qui serait précieux de pouvoir faire fructifier dans ce cadre.

Rome entre le rêve et la science, 1700-1770

par François de Polignac (Centre Louis Gernet)

La base a été constituée dans le cadre du programme de recherche du même nom (1992-2000) et porte sur l’archéologie de Rome dans la première partie du XVIIIe siècle (“de Bianchini à Winckelmann”), son impact sur la connaissance de l’Antiquité et sur la “réception de l’antique” en Europe par la diffusion des objets (collections, musées) et de leurs images ou des images de monuments, et les modalités du passage de la découverte à l’interprétation. Elle cherche donc à croiser autant que possible des informations et documents touchant à l’histoire de l’archéologie, à la science antiquaire et à l’histoire de l’art afin de reconstituer l’unité d’une culture de l’Antique que nos formes de pensée et nos disciplines académiques fragmentent entre plusieurs approches distinctes.

Utilisée dans un premier temps comme outil de travail interne, la base utilise un logiciel commercial (4D) et unifie une documentation très variée en combinant six types de fiches documentaires qui permettent de saisir différents genres d'information, depuis les plus matériels (objets, dessins, peintures...) jusqu'au plus immatériels (circulation d'idées, échange de connaissances...) :

  • objets (antiques et modernes)
  • dessins/peintures/gravures
  • livres/recueils/manuscrits
  • fouilles/découvertes
  • collections/musées
  • académies/érudition (antiquaires)

Les recoupements de rubriques d’une fiche à l’autre autorisent une consultation multiple et des recherches transversales et croisées: par lieux ou par années (pour l'histoire des fouilles et des découvertes), par œuvres (antiques et modernes), artistes, auteurs, érudits, collections, thèmes iconographiques, localisations actuelles etc...

La base comporte actuellement un peu plus de 3000 fiches documentaires, dont environ 1800 peuvent être illustrées par les images numérisées correspondantes. Évolutive, elle est destinée à être encore enrichie.

L’intégration de cette base dans les programmes documentaires de l’Institut national d’histoire de l’art va se traduire dans les prochains mois par un changement de support technique et, en conséquence, par une évolution de l’architecture de la base, en particulier par le changement des modes de recherche et de navigation (création de liens), la mise en relation avec d’autres bases sur l’histoire de l’art et de l’archéologie au sein d’un système de consultation unique, et à terme une mise en ligne au moins partielle.

Les Antiquités gallo-romaines. Textes et représentations (XVe-XVIIe siècles)

par Frédérique Lemerle Pauwels et Sébastien Busson (Tours, Centre d'Etudes supérieures de la Renaissance)

La base de données « Les antiquités gallo-romaines : textes et représentations (1500-1650) » recense les textes (manuscrits et imprimés) et les représentations graphiques (dessins, gravures, voire tableaux) des antiquités gallo-romaines pour la période chronologique qui s’étend des guerres d’Italie à la Fronde, conformément à la vocation du CESR. Elle est conçue comme l’antenne française du « Census of Antique Works known to the Renaissance », mis en place à Rome, à la Bibliothèque Hertziana avec le concours du Getty Research Institute et des Warburg et Courtauld Institutes. Elle est son complément français mais aussi son prolongement d’un point de vue strictement chronologique. Elle se développe aussi en relation avec le programme AREA France (Archivs for European Archeology) auquel est associé l’Institut National d’Histoire de l’Art. Cette base est intégrée au programme « Architectura. Textes et Architectures en France (1500-1650) », dirigé par F. Lemerle Pauwels et Y. Pauwels, au CESR.

Les recherches entreprises à partir d’octobre 1997 ont porté sur les sources : repérage et exploitation des témoignages imprimés et manuscrits, comme des illustrations gravées ou dessinées. J’ai pris en compte les textes des historiens (Taillepied, Noguier…), antiquaires (Poldo d’Albenas, Vinet, Romieu, du Choul, Peiresc, Chifflet…), géographes (Ortelius, Merula, Mercator…), cosmographes (Münster, Belleforest…), topographes (Chastillon), ainsi que les récits de voyages et journaux laissés par des personnalités aussi diverses que les diplomates (Beatis, Guichardin, Lippomano…), les professeurs (Erpenius, Grasser…) et les étudiants (les frères Platter), les marchands (anonyme milanais), les jeunes notables (les frères Sobieski…) ou de simples particuliers cultivés (Esprinchard, Godefroy…). J’ai consulté pour cela les différents fonds patrimoniaux des bibliothèques et instituts français et étrangers. En dehors des sources graphiques fournis par les textes manuscrits et imprimés, j’ai recherché dessins et gravures, recueils ou pièces isolées. Les fonds des divers musées, instituts, bibliothèques, sociétés savantes sont systématiquement étudiés. Je me suis intéressée en priorité aux témoignages des grands noms de l’architecture comme Giuliano da Sangallo, Serlio, Palladio, De l’Orme, Jacques Androuet du Cerceau dont les œuvres sont dispersées dans le monde entier, ou d’artistes plus modestes mais passionnants comme Hermann van der Hem, dont les dessins sont pour moitié conservés au Département des Estampes à Paris, et pour moitié à la Bibliothèque nationale de Vienne.

Le travail d’identification des édifices (noms différents, attributions erronées…) a nécessité parallèlement une enquête archéologique et la prise en compte des travaux les plus récents sur le sujet (monuments, fragments d’architecture non identifiés, vues de villes avec antiquités…). Plus de soixante sites ont été répertoriés pour les textes, c’est-à-dire près de deux cents sujets ; une quarantaine pour les images, soit plus de cent dix sujets différents. La bibliographie textes/images comporte à ce jour une liste de 35 recueils de dessins ou gravures conservés en France mais aussi à l’étranger (Cambridge, Oxford, Windsor Castle, Londres, Escorial, Berlin, Munich, Vienne, Saint-Pétersbourg, Parme, Sienne, Vatican, The Metropolitan Museum of Art…), plus de 50 manuscrits, 110 imprimés des XVI e et XVII e siècles et près de 160 références modernes. À Tours a été ainsi constitué un fonds documentaire assez important, unique en son genre, qui comporte les textes et représentations des principaux antiquaires, voyageurs, ou artistes, qui se sont intéressés aux antiquités gallo-romaines.

Les transcriptions seront progressivement mises sur Internet en 2004. Les images ne seront mises en ligne qu’après la signature de conventions avec les divers instituts qui en sont propriétaires.

F. Lemerle Pauwels

Chargée de recherche au CNRS

frederique.lemerle@univ-tours.fr

Aspects techniques

Le projet est géré techniquement par le service photographique et informatique du CESR. Un réseau informatique a été mis en place afin d'administrer, à l'aide d'un logiciel de gestion électronique de documents (Taurus+-GescoMedia), les bases de données photographiques, et de permettre une consultation de celles-­ ci, en réseau interne (postes informatiques en bibliothèque à la disposition des étudiants et enseignants chercheurs), mais aussi via Internet pour une diffusion vers l'extérieur. Ce système permet, une fois les champs d’indexation des documents définis, d’archiver et d’indexer tout type de document électronique (images et textes au format acrobat pdf). Thésaurus et listes d’index sont disponibles pour normaliser la saisie et rendre les recherches plus performantes. Plusieurs modes de recherche sont offerts, de la simple recherche guidée par formulaire jusqu’à la recherche par équation combinant les opérateurs logiques, ainsi que de nombreux outils de visualisation des images. Une interface Internet (GescoWeb ST) a été développée pour permettre la diffusion de ces bases mais aussi la gestion de celles-ci à distance . GescoWeb ST propose les outils nécessaires à une interrogation simple et efficace des bases de données. Il permet d’indexer et d’intégrer des images dans la base, d’optimiser la consultation des documents, de choisir la logique d’affichage des documents à l’écran. Ce système intègre une corbeille de sélection dynamique.Il offre une fonctionnalité de zooms et laisse toute liberté quant à l’affichage et à l’impression des images, permet de mémoriser les sélections, et de les rappeler pour les intégrer à de nouvelles recherches, le téléchargement de fichiers optimisés en fonction de l’utilisation envisagée. Sont aussi pris en compte la gestion des utilisateurs et des droits ainsi que des modules de bon de commande, de statistiques et de filtrage des documents diffusés.

Sébastien Busson

Ingénieur d’études au CNRS

Responsable du pôle images

busson@univ-tours.fr

Monumenta Rariora

La fortuna della statuaria antica nei reperti a stampa

par Lorenzo Fatticcioni et Lea Di Cosmo (Ecole normale supérieure de Pise, CRIBECU)

Il progetto, sotto la direzione scientifica del Prof. Salvatore Settis, ha previsto la realizzazione di un sistema informatico sulla fortuna della statuaria antica nei repertori a stampa dal Cinquecento al Settecento (con particolare riferimento all'opera di F. Perrier e di P. A. Maffei), offendo materiali illustrativi di prima mano e proponendo una fruizione contestualizzata delle opere, analizzate nella loro interezza, che ne solleciti uno studio comparato e ne evidenzi le interrelazioni.

I materiali antichi sono studiati in una tradizione scientifica ispirata ad un modello già sperimentato (cfr. S. Settis, Memoria dell’antico nell’arte italiana, 3 voll., Torino 1986) e in una prospettiva nuova che affronti il tradizionale binomio oggetto-fonti proponendo un'analisi che parta dalle fonti e arrivi all'oggetto solo dopo un'analisi approfondita e contestualizzata. Per questo il lavoro è stato strutturato su due fronti differenti ma correlati : da una parte la considerazione dell'oggetto rappresentato da un punto di vista archeologico e della sua storia collezionistica, dall'altra lo studio dell'incisione finalizzato alla determinazione di vari rapporti intercorrenti all'interno delle tradizioni culturali che afferiscono all'opera medesima.

Territorio quasi del tutto inesplorato, lo studio delle incisioni dall'antico esige per la molteplicità dei livelli di analisi richiesti, una struttura informativa stratificata e complessa, ricca di interrelazioni reciproche tra i dati. Solo ricostruendo il contesto culturale di riferimento di ogni immagine (mettendola cioè in relazione con l'intero repertorio in cui è contenuta, con la tradizione grafica precedente e successiva ed infine con la storia dell'oggetto rappresentato) è possibile infatti avviare un'analisi approfondita del suo valore documentario, storico e culturale. L'incisione a stampa prima di tutto, pur connotandosi fin dalle sue prime attestazioni come manufatto artistico autonomo, implica un rapporto con l'oggetto raffigurato nel quale si misurano i diversi livelli di fedeltà e di accuratezza documentaria, le predilezioni estetiche e le inclinazioni di gusto dei creatori. Il suo valore documentario si precisa inoltre nella vocazione didattica: non è un caso che la tassonomia dei repertori rifletta ed evidenzi le componenti delle maggiori collezioni romane (con un interesse che mira ad identificare i maggiori capolavori antichi e a collocarli collezionisticamente come simboli di status), oppure che rifletta l'antichissima tradizione del disegno dall'antico come modello per artisti, ordinando i pezzi per tipologie iconografiche pronte per l'esercizio della copia. Anche i testi, dalla più stringata didascalia o voce d'indice, alle complesse strutture critiche dei commenti più ampi, sono analizzabili appieno solo in stretta relazione con l'apparato illustrativo, al quale vengono delegate funzioni sempre diverse e complementari.  Per essi, come per le immagini, una ricerca in senso diacronico che metta a confronto costanti topiche e divergenze interpretative tra opere dello stesso genere, riteniamo possa offrire un contributo indispensabile allo studio di questa specifica categoria di fonti.

L'uso di strumenti di schedatura tradizionali si può dimostrare inadeguato quando applicato ad un sistema di informazioni strutturato su vari livelli, ricco di relazioni reciproche e caratterizzato da una consistente quantità di dati. Al contrario lo strumento informatico si dimostra da questo punto di vista, estremamente duttile, consentendo una consultazione dei dati e garantendo tra essi variate possibilità di confronti e associazioni.

In questo contesto, è stato sviluppato il modello concettuale di una base di dati (Stacks) che gestisce, in modo omogeneo, sia le informazioni prodotte in fase di schedatura degli oggetti archeologici che quelle relative alle entità documentarie oggetto di indagine [Fig. 1].

E' stato progettato ed implementato un sistema informatico che gestisce in un database queste informazioni, relative ad entità tipologicamente eterogenee, ma in stretta correlazione tra loro.

E’ stata appositamente concepita una sezione del sistema per il trattamento di fonti bibliografiche (collettive, contributi, libri, interventi, periodici), archivistiche ed iconografiche (cartografie, disegni, incisioni, materiali fotografici, stampe, prospetti, disegni) pensato per garantire la più completa interrelazione dei dati, tanto da poter ricostruire il contesto informativo di ogni singola unità documentaria nei molteplici aspetti in cui esso si determina (Stacks Sources).

A testimonianza delle potenzialità di interrelazione dei dati del sistema è possibile, ad esempio, mettere a confronto un'incisione con altre dello stesso soggetto o dello stesso autore, con disegni e altri materiali illustrativi, con fonti epigrafiche o d'archivio, o a stampa, eccetera.

Ad un’ulteriore sezione del sistema è affidato l’inserimento e la correzione dei dati relativi agli oggetti archeologici, con funzionalità avanzate di correlazione tra gli stessi (rapporti con altre copie, rielaborazioni derivate dallo stesso originale, eccetera). I dati relativi agli attributi individuati per la caratterizzazione degli oggetti archeologici, quali le denominazioni, le datazioni, i restauri, gli stati di conservazione, eccetera sono soggetti ad attribuzioni multiple, per ognuna di queste è possibile specificare attestazioni ed indicazioni cronologiche. Questa particolarità è stata studiata per permettere in fase di immissione dati di rappresentare le diverse posizioni proposte dagli studiosi e dalle fonti antiche in merito alla cronologia, esegesi, ecc. dei vari oggetti archeologici (Stacks Objects).

Sono state individuate classi di personaggi, luoghi ed enti, con lo scopo di normalizzare il valore di particolari attributi delle fonti o degli oggetti archeologici (luoghi di edizione, autori, personaggi storici). E' possibile associare entità documentarie o oggetti archeologici ad entità appartenenti a classi di personaggi, luoghi ed enti eventualmente specificando fonti bibliografiche, motivazioni e cronologie che attestino i collegamenti. Al termine di una campagna di inserimento dati sarà quindi possibile accedere automaticamente al catalogo di tutti i personaggi, luoghi ed enti che sono stati, in qualche modo, messi in relazione con fonti o oggetti archeologici. Sarà inoltre possibile effettuare ricerche che considerino le interrelazioni specificate tra personaggi, luoghi, enti, descrittori ed entità documentarie o schedature di oggetti archeologici.

Per aumentare l'aderenza della struttura del database alla realtà in esame, ed in particolare per gestire fonti testuali con maggior efficacia, è stato ampliato il modello dei dati per permettere funzionalità di ricerca full-text sui documenti. Solo attraverso questo tipo di strumenti è possibile far dialogare in uno stesso sistema schede interpretative e testi liberi.

Il nuovo sistema, del tutto innovativo, permette così ad ogni utente di poter affiancare all'analisi di un oggetto archeologico lo studio delle fonti che, ad esempio, attestano il suo ritrovamento, passando dal contesto ritagliato di una testimonianza alla lettura integrale di tutto il testo. Per questo è stato collegato all'attuale sistema informatico (Stacks) il sistema di analisi testuale TreSy creato e sperimentato presso la Scuola Normale, che utilizza la codifica SGML/XML. Grazie all’utilizzo dei sistemi di marcatura XML è infatti possibile arricchire il testo “semplice” dei documenti con informazioni aggiuntive sulle quali si possono compiere ricerche complesse e adattabili a diverse tipologie di testi e a molteplici esigenze di ricerca. Oltre a questa potenzialità, notevole è il valore aggiunto indotto dall’impiego della marcatura XML come standard di rappresentazione delle informazioni riconosciuto ISO8879.

E' stato creato inoltre un sito Internet per permettere la libera consultazione della base di dati e la divulgazione  dei risultati della ricerca.

Fig. 1. Schema concettuale completo della base di dati.

Stacks. La scheda Fonti

Stacks, come già è stato detto, nasce dall'esigenza di gestire in un database dati relativi ad entità documentarie, tipologicamente eterogenee, ma in stretta correlazione tra loro. In particolare la sezione Stacks Fonti permette il trattamento di fonti bibliografiche (collettive, contributi, libri, interventi, periodici), archivistiche ed iconografiche (cartografie, disegni, stampe, matrici calcografiche, materiali fotografici, stampe, prospetti).  Funzionalità particolari sono state studiate per garantire la più completa interrelazione dei dati, tanto da poter ricostruire il contesto informativo di ogni singola unità documentaria nei molteplici aspetti in cui esso si determina. A testimonianza di tali potenzialità è possibile, ad esempio, mettere a confronto una stampa con altre dello stesso soggetto o di uno stesso autore, con disegni e altri materiali illustrativi, con fonti epigrafiche o d'archivio, o a stampa, eccetera. Lo scopo principale dell'applicazione è l'indicizzazione delle fonti mediante indici costruiti a seguito di un processo di analisi dell'informazione. Per ogni tipologia di fonte è stata studiata una scheda apposita, modellata sulle specifiche esigenze informative di ogni categoria e verificata su casi campione accuratamente selezionati. A titolo di esempio mostreremo nel dettaglio di seguito la scheda Stampa, nucleo fondamentale del progetto.

Stacks. La scheda Stampa

In fase di progettazione e realizzazione del programma di schedatura delle stampe, si sono coniugate esigenze di tipo descrittivo, relative cioè ai dati immediatamente desumibili dall’osservazione delle tavole, con esigenze di carattere analitico-interpretativo, tese a fornire un quadro di contestualizzazione delle rappresentazioni. Delle prime fanno parte le voci inerenti il materiale e la tecnica di realizzazione, le misure, il numero della tavola o della pagina se compresa in una raccolta, il tipo di supporto, la descrizione, le indicazioni di responsabilità, il luogo e l’anno di pubblicazione ed infine l’immagine; a questi campi si è aggiunta la voce ‘Contestualizzazione’ che è stata inserita tenendo conto delle particolarità di ambientazione dei soggetti.

La necessità di verificare le modalità dell’approccio all’antico delle varie raffigurazioni ha portato all’inserimento di una sezione in cui poter vagliare l’autonomia di una stampa rispetto ad una eventuale tradizione e al contempo di ricostruirne la fortuna in epoche successive alla realizzazione. La relazione tra due immagini è stata espressa in gradi diversi di rapporti, dai più stretti, identificati dal tipo di relazione ‘Stesso rame di’ e ‘Ripresa da’, a legami più blandi, in cui l’unico elemento in comune tra due raffigurazione consiste nell’identità del soggetto rappresentato. I tipi di relazione che sono stati utilizzati sono : ‘Stesso soggetto di’ (l’elemento comune tra due raffigurazioni è dato dall’identità del soggetto); ‘Stesso punto di ripresa’ (la vicinanza tra due raffigurazioni consiste non solo nell’identità del soggetto ma anche nell’utilizzo, da parte degli autori, dello stesso punto di ripresa dell’oggetto); ‘Ripresa da’ (identifica il caso in cui un autore si sia ispirato, nella resa del soggetto, ad una raffigurazione preesistente); ‘Disegno preparatorio di’ (esprime il caso di disegni preparatori per una loro traduzione in stampa); ‘Stesso rame di’ (indica l’utilizzo di matrici prodotte precedentemente) [Fig. 2].

Fig 2. Schermata di Stacks Sources relativa ai Dati generali della fonte. In basso sono visibili i tipi di relazione tra le varie fonti collegate.

E’ stato ritenuto imprescindibile nell’analisi di una rappresentazione dall’antico, al fine di capirne le modalità, un confronto diretto con l’oggetto raffigurato, il cui stato all’epoca della realizzazione della tavola è ricostruibile operando una serie di controlli incrociati su tutte le fonti disponibili (iconografiche, letterarie, archivistiche). A tale scopo, in una sezione dedicata al confronto diretto con il monumento, vengono segnalati gli eventuali elementi mancanti e quelli modificati o aggiunti dall’autore della raffigurazione rispetto all’oggetto [Fig. 3].

Fig. 3. Tabella di confronto tra l'oggetto e le sue raffigurazioni in Stacks Fonti.

Da confronti di questo genere, operati sui Segmenta, di cui in seguito si fornirà una esemplificazione, si può riscontrare con un buon margine di sicurezza, già in questa prima fase del lavoro, una rispondenza piuttosto stretta tra le raffigurazioni e lo stato degli oggetti negli anni trenta del XVII secolo; tale rispondenza fa presupporre per Perrier un rapporto di visione diretta delle statue.

Stacks. La scheda Oggetti

La scheda Stacks Oggetti è stata progettata per poter fornire informazioni utili sia alla definizione della problematica scientifico-archeologica relativa all’oggetto medesimo, sia alla sua fortuna. La progettazione della scheda è nata partendo dalle esigenze della ricerca e sulla base di studi campione molto approfonditi.  Una delle tappe di un percorso di indagine relativo alle raffigurazioni dall’antico consiste indubbiamente nell’identificazione, in molti casi non automatica, dell’oggetto rappresentato.  L’aspetto della produzione seriale, dipendente dalla plastica greca, caratteristico della cultura figurativa romana, ha determinato la proliferazione di un gran numero di copie e varianti di medesimi tipi iconografici che rende talvolta difficile l’individuazione precisa di un oggetto. Il problema è complicato da alcuni fattori relativi alla fruizione moderna del pezzo antico. In primo luogo la possibile presenza, all’interno di una medesima collezione, di più copie di uno stesso tipo, talvolta utilizzate a pendant in complessi sistemi espositivi [1] in questo caso, anche in presenza di indicazioni sulla localizzazione delle statue, solo un confronto diretto con l’oggetto e con tutta la documentazione relativa, permette una identificazione sicura. Secondariamente, la difficoltà che deriva dal fenomeno delle dispersioni collezionistiche non sempre facilmente documentabili, soprattutto in presenza di copie prive di particolari elementi caratterizzanti. Da ultimo bisogna considerare le possibili trasformazioni, dovute a restauri o a perdite, più o meno intenzionali, delle integrazioni subite da un oggetto in epoche successive alla realizzazione della stampa. La tav. 65 dei Segmenta di Perrier, per esempio, mostra una figura femminile dalla collezione Mattei, definita dall’autore come Virgo Vestalis aut Circe che la presenza del serpente e della patera riconduce alla categoria interpretativa secentesca dell’Igieia. Una Igieia è rammentata negli inventari della collezione Mattei ma la statua non risulta ancora rintracciata. [2] La difficoltà dell’identificazione potrebbe essere dovuta, in questo caso, in parte alle complicate vicende dello smembramento della collezione Mattei, dispersa in mille rivoli di cui non si conoscono ancora bene le direzioni, in parte al fatto che la statua, restaurata probabilmente in età moderna come Igieia, rientra nel tipo comunissimo della peplophoros, per cui una eventuale perdita degli attributi (serpente e patera)  rende difficile l’identificazione tra le numerosissime peplophoroi esistenti nel mondo. Chi può escludere con sicurezza che la Igieia dei Segmenta non sia da individuare nella peplophoros derestaurata alla fine dell’Ottocento, oggi nei magazzini del Musée du Louvre. [3]

Considerazioni di questo tipo ci hanno indotto ad articolare la scheda relativa agli oggetti coniugando dati riguardanti le caratteristiche tecnico-produttive, nel panorama della storia degli studi archeologici, con informazioni di carattere storico-antiquario legate alle vicende collezionistiche ed interpretative del pezzo, dal momento della sua scoperta fino ai nostri giorni. Infatti in alcuni campi dell’informazione solo la sovrapposizione dei due diversi piani di indagine permette, anche all’interno di studi settoriali, uno sviluppo coerente della lettura della statua antica. Come sopra accennato, la maggior parte delle rappresentazioni grafiche di statue classiche riproducono copie romane da modelli realizzati in epoche precedenti. Per questo motivo una sezione del programma di schedatura degli oggetti è stata dedicata ai rapporti tra gli elementi delle serie di monumenti determinate dalla metodologia archeologica, da cui pure è stata estratta la terminologia adatta ad esprimere i diversi gradi di relazione dell’ambito creativo della plastica. [4] I concetti di ‘copia’ nel senso di riproduzione intenzionale e fedele di un originale scultoreo che implica la presenza di un’opera di riferimento (opera modello), di ‘repliche’ quali oggetti utili a determinare un ‘tipo’ statuario, di ‘variante’ come alterazione da parte del copista di vari elementi non determinanti di un tipo, esprimono le tipologie di relazioni nel collegamento tra gli oggetti. [5] Tali relazioni non si esauriscono solamente nel fenomeno legato alla produzione seriale antica ma possono riguardare la frastagliata casistica delle varie componenti di uno stesso oggetto (i casi di pastiches) o dei gruppi statuari, come ad esempio il caso dei Niobidi della collezione Medici, oggi agli Uffizi, raffigurati da Perrier  sia singolarmente che nel loro insieme di gruppo. [6] Anche queste reti di relazioni sono ricostruibili nella medesima sezione del programma [Fig. 4].

Fig. 4. Schermata di Stacks Objects per i collegamenti tra più oggetti archeologici. In basso è visibile la rete di relazioni pertinente al Gruppo dei Niobidi.

All’identificazione dell’oggetto concorrono anche una serie di dati di tipo tecnico-descrittivo, indispensabili alla sua connotazione. Confluiscono perciò nella scheda oggetto le voci ‘Descrizione’, ‘Cronologie’, ‘Materiali’, ‘Misure’, ‘Stato di conservazione’, ‘Connotazioni culturali’, ‘Collocazione attuale’, comuni a qualsiasi tipologia di oggetti, sia le sezioni ‘Denominazioni’ e ‘Restauri’ che riguardano più da vicino lo studio della statuaria.

L’esigenza di restituire l’intero quadro problematico sull’oggetto ci ha indotto a concepire ogni sezione del programma come un contenitore di valori ripetibili a cui sono associabili una cronologia, i documenti attestanti il valore e la cronologia ed eventuali osservazioni.

La definizione cronologica di una scultura infatti si opera su vari livelli in cui entrano in gioco fattori a volta eterogenei : l’eventuale rapporto tra una copia e l’opera modello o il suo tipo di riferimento, la compresenza all’interno di un medesimo oggetto di parti realizzate in momenti diversi, i casi di oggetti rilavorati in periodi seguenti la loro realizzazione. Per il primo caso risulta significativo l’esempio del gruppo del Laocoonte del Belvedere la cui cronologia oscilla ancora oggi nell’arco di tre secoli, a seconda che venga considerato un originale di età ellenistica o una copia romana. Un interessante caso di pastiche è costituito dalla cosiddetta Zingarella Borghese, [7] oggi a Versailles, in realtà una statua di Artemide il cui corpo in marmo pentelico è antico mentre la testa, le braccia e i piedi in bronzo sono stati realizzati nella prima metà del Seicento. Presenta tracce evidenti di rilavorazione la statua loricata di un imperatore romano, oggi al Museo Chiaramonti, i cui tratti del volto originariamente neroniani, sarebbero stati trasformati in quelli di Domiziano. [8]

Il complesso quadro dell’indagine cronologica è ulteriormente complicato dalla difficoltà di definire dei criteri oggettivi utili a determinare la cronologia delle statue antiche e in particolare delle repliche di età romana. In molti casi infatti il carattere soggettivo di datazioni, basate su valutazioni stilistiche, rende esiti talvolta contraddittori per la mancanza di dati relativi alla serie delle repliche dei singoli tipi, di notizie riguardanti i contesti di provenienza dei singoli pezzi e la loro relativa sistemazione all’interno di cicli decorativi e, in genere, per la scarsità di fonti documentarie che possano guidare lo studioso nell’attribuzione di una datazione precisa.

La possibilità fornita dal programma di riportare più valori con la relativa documentazione in ogni sezione del programma, permette quindi di restituire all’utente anche le linee generali dell’interpretazione cronologica di una statua o di una parte di essa; a tal riguardo è stata inserita all’interno della sezione ‘Cronologie’ la voce ‘Parte’ che permette, soprattutto nel caso di opere che si compongono di pezzi realizzati in epoche diverse, di specificare la cronologia di ogni singola componente dell’oggetto [Fig. 5].

Fig. 5. La scheda Stacks Oggetti con la sezione Cronologie.

La ripetibilità dei valori all’interno di tutte le sezioni rivela la sua utilità anche in ambiti della ricerca non legati a problematiche strettamente archeologiche; la visualizzazione diacronica delle varie denominazioni degli oggetti [Fig. 6], se da un lato serve alla storia delle categorie interpretative, dall’altro permette di ripercorrere i percorsi mentali e culturali di studiosi e fruitori dell’arte. Scorrendo le varie denominazioni del cosiddetto Peto e Arria di Palazzo Altemps, [9] si possono seguire i tentativi di identificazione del soggetto raffigurato nel gruppo; dalla definizione Donna morta con il padre che si ammazza da sé, presente nell’inventario dei beni della collezione Ludovisi del 1623 [10] che si basa sulla semplice lettura iconografica dell’opera, si passa, con la voce Mario ch’ammazza la figlia e se stesso del successivo inventario della collezione del 1633, da questo tipo di lettura descrittiva ad un livello di definizione di tipo interpretativo. [11] Gli sforzi dell’erudizione si concentrano nel formulare ipotesi sempre  più dotte e complesse (Menofilo e la sua pupilla, Piramo e Tisbe, ecc.), fino ad arrivare alla identificazione del gruppo come raffigurazione  di un galata con la moglie, avanzata dal Visconti nel 1827, ancora oggi ritenuta valida. [12] I valori della sezione ‘Denominazioni’ si coniugano con le informazioni desumibili dalle ‘Didascalie’ o dalle ‘Voci indice’ delle stampe collegate con l’oggetto.

Fig. 6. Scheda Stacks Oggetti con la sezione ‘Denominazioni’.

Dalla combinazione di questi dati si colgono le connessioni culturali degli artisti nel momento della scelta identificativa dei soggetti raffigurati. Confrontando le voci dell’indice dei Segmenta di Perrier con le didascalie delle tavole degli incisori dediti alla riproduzione di statue antiche, si coglie un’originalità del francese rispetto a questi ultimi, che sembra avvicinarlo piuttosto alla coeva trattatistica erudita [Fig. 7].

Fig. 7. Pagina del sito di Monumenta Rariora relativa alle denominazioni del Gruppo colossale del Galata e della moglie.

Una delle sezioni del programma in cui può venire utilizzata la valenza documentaria delle fonti iconografiche (stampe e disegni) ai fini della ricostruzione dello stato dell’oggetto, è quella dei ‘Restauri’. A causa della discontinuità e frammentarietà della documentazione, per la compilazione della sezione ‘Restauri’, solo l’uso incrociato di tipologie diverse di fonti (archivistiche, letterarie, iconografiche, ecc.) consente di tracciare in maniera quanto più fedele possibile, la storia delle eventuali trasformazioni subite da un oggetto [Fig. 8].

Fig. 8. Sezione ‘Restauri’ nella pagina ‘Dati generali dell'oggetto’ in Stacks Oggetti.

L’interpretazione delle fonti iconografiche utili a definire una storia del restauro necessita di una certa cautela e di un procedimento di verifica che comporta l’individuazione delle finalità della singola immagine con le sue implicazioni culturali e ideologiche. Ci si può avvicinare alle modalità di rappresentazione dall’antico inserendo la singola immagine, che di per sé può non avere alcun valore documentario, all’interno di una sequenza sincronica e diacronica di rappresentazioni aventi lo stesso soggetto. Al contempo ogni singolo momento della sequenza andrebbe vagliato e verificato all’interno di un sistema di prove incrociate, volto all’individuazione del maggior numero di concordanze coerenti relative a quegli elementi che sono risultati ambigui ad una prima analisi.

In molti casi solo il ricorso alle informazioni desumibili dalle fonti d’archivio e letterarie, unito all’esame autoptico sull’oggetto, si rivelano illuminanti.

L’analisi delle raffigurazioni del Marsia appeso [13] degli Uffizi nella tradizione a stampa rivela, ad esempio, sia il riuso degli stessi rami del 1585 del Cavalieri [14] da parte di una serie di autori in epoche successive (Marcucci, [15] van Aelst, [16] Giovan Domenico de Rossi [17] e Giovan Giacomo de Rossi [18]), sia la ripresa di Lorenzo Vaccaro nel 1584 di un lavoro di Cherubino Alberti datato al 1578. [19] E’ evidente che per un’indagine relativa alle condizioni della statua non possono essere utilizzate a fini documentari le tavole degli incisori derivanti da Cavalieri o da Vaccaro.

Sempre a tal proposito, per esempio, non tutte le raffigurazioni dei Dioscuri del Quirinale che possediamo sono utili per la definizione dello stato del gruppo negli ultimi anni del Cinquecento; alcune di esse potrebbero essere addirittura fuorvianti se non venissero escluse dal resto delle testimonianze che, isolate quelle non concordi, forniscono un quadro coerente su tutti gli elementi. Dei due disegni di Francisco de Hollanda ritraenti i Dioscuri, realizzati in un periodo compreso tra il 1538 ed il 1541, quello raffigurante l’Opus Praxitelis [20] rispecchia con una certa fedeltà lo stato dell’oggetto in quell’epoca, mentre l’altro dedicato all’Opus Phidiae [21] contiene alcuni elementi arbitrariamente modificati dall’autore.

Quest’ultimo infatti disegna il basamento su cui poggia il cavallo ad imitazione di quello di Opus Praxitelis, trascurando il dato reale consistente in un muro di mattoni che sosteneva il cavallo di Opus Phidiae, completamente privo della parte anteriore. Sappiamo infatti con certezza che il muro di mattoni al di sotto del cavallo di Opus Phidiae venne sostituito con un basamento diverso solo nel 1589, come ci testimoniano i pagamenti effettuati alle maestranze che lavorarono in quell’anno al restauro del gruppo, un brano di Flaminio Vacca che ricorda l’evento ed inoltre una serie di rappresentazioni precedenti e successive all’intervento. [22]

Connessa alle problematiche archeologiche è la questione relativa all’attribuzione di una statua ad un autore o ad una corrente artistica ed il riferimento ad una sua eventuale committenza; nel caso di attribuzione di un oggetto a singoli artisti identificabili, possono essere indicate la cronologia delle persone inserite ed eventuali fonti attestatarie.

Anche in questa sezione la ripetibilità del campo assolve l’esigenza di gestire attribuzioni problematiche o casi di molteplicità di committenti o autori per una stessa opera, paradigmatico il caso di Agesandro, Atenodoro e Polidoro, autori, secondo Plinio, del Laocoonte. [23]

Una sezione del programma è stata dedicata alla ricostruzione delle vicende collezionistiche, la cui importanza, come si è già sottolineato, può essere talvolta decisiva nell’identificazione dell’oggetto; in essa vengono segnalati tutti i movimenti collezionistici della statua, unitamente alla cronologia e alle fonti attestatarie; parallelamente sono riportati i nomi dei proprietari/collezionisti, nei momenti dei passaggi di proprietà. Nella scheda si fa altresì riferimento al monumento di appartenenza [24] ed al luogo di rinvenimento del pezzo. Le varianti delle denominazioni dei luoghi, con la relativa specifica cronologica, possono venire registrate dal programma; come nel caso delle varie denominazioni di un oggetto, anche in questa sezione è possibile risalire alla storia toponomastica di un particolare luogo. La fitta rete di relazioni che l’oggetto intrattiene con le fonti dei qualsiasi tipo (iconografiche, bibliografiche, archivistiche, iscrizioni) che servono a restituire la sua storia, vengono visualizzate in una apposita pagina del programma nella quale sono elencate secondo una suddivisione tipologica.

Lea Di Cosmo

Lorenzo Fatticcioni

Pubblicazioni:

  • C. R. Chiarlo, S. Maffei, A. Vecchi, L. Di Cosmo, L. Fatticcioni, Monumenta Rariora,. La fortuna della statuaria antica nei repertori a stampa dal Cinquecento al Settecento, in «Bollettino di Informazioni del Centro di Ricerche Informatiche per i Beni Culturali», VIII, 1998, n. 1, 21-48
  • Le statue, le stampe, l’informatica. Il progetto Monumenta Rariora sulla fortuna della statuaria antica nei repertori a stampa, secc. XVI-XVIII, a cura di S. Maffei e S. Settis, (Centro di Ricerche Informatiche per i Beni Culturali, Quaderni, XI), Pisa 2001

Responsabile scientifico:

Salvatore Settis (Scuola Normale Superiore). Comitato scientifico: Salvatore Settis (Scuola Normale Superiore), Carlo Chiarlo (Dip. di Scienze Archeologiche, Università di Pisa), Stefano De Angeli (Dip. di Scienze del Mondo Antico, Università della Tuscia-Viterbo), Lucia Faedo (Dip. di Scienze Archeologiche, Università di Pisa), Carlo Gasparri (Dip. di Discipline Storiche, Università Federico II di Napoli), Anna Grelle (Istituto Nazionale per la Grafica), Sonia Maffei (Scuola Normale Superiore), Serenita Papaldo (Istituto Nazionale per la Grafica), Paul Zanker (Scuola Normale Superiore). Coordinamento progetto: Sonia Maffei (Scuola Normale Superiore). Gruppo di ricerca: Gabriella Cirucci, Leonarda Di Cosmo, Francesca Di Dio, Lorenzo Fatticcioni, Denise La Monica, Elisa La Stella, Debora Marconcini, Federica Matteini. Analisi e progettazione informatica: Paolo Lanari, Claudio Magnatti, Andrea Vecchi (LiberoLogico). Progetto grafico:  Mirko Delcaldo (DWS)

Centro di Ricerche Informatiche per i Beni Culturali
c/o Scuola Normale Superiore di Pisa
Casa Leopardi - Via della Faggiola, 19
50126 Pisa - Italia
tel. +39-050-50940

[1] La casistica è numerosa: per citare alcuni esempi si ricordano due repliche dalla collezione Borghese, oggi al Louvre, di un tipo di Fauno in riposo che suona il flauto (Paris, Musée du Louvre, inv. MA 594, MA 595; cfr. F. Perrier, Ill. mo D.D. Rogerio du Plesseis….Segmenta nobilium signorum et statuarum quae dentem invidium evasere..., Romae, 1638, tav. 48 e K. Kalveram, Die Antikensammlung des Kardinals Scipione Borghese, Worms am Rhein, 1995, 246-248, nn. 156-157) e due repliche del tipo prassitelico del Satiro in riposo della collezione Giustiniani (Perrier, tav. 45). Le due statue sono già menzionate nella Galleria del palazzo nell’inventario del 1638: «…’[223] Una statua di Fauno apoggiato ad un tronco con una pelle di tigre traversa antico ristaurato alto pal. 81/4 inc.a. [225] Una statua di Fauno simile al sud.o che sta appoggiato s. a un tronco con pelle di capra traversa; antica, restaurata, alta pal. 81/4 incirca.» Cfr. Roma, Archivio di Stato, Notai Auditor Camerae, prot. 1377, pubblicato da ultimo in A. Gallottini, Antiquarum…, cit., 89, nn. 223, 225. Le due statue, identiche, si trovano attualmente nella collezione Torlonia (cfr. C. L. Visconti, I monumenti del Museo Torlonia riprodotti con la fototipia descritti da Carlo Ludovico Visconti, Roma, 1885,  79-80, nn. 112-113, tavv. XXVIII-XXIX). La precisa individuazione del Fauno di Perrier potrà dunque avvenire solo in presenza di una documentazione più circostanziata sui restauri secenteschi delle due statue.

[2] Cfr. Palazzo Mattei di Giove. Le antichità, a cura di L. Guerrini, Roma, 1982, 41-42.

[3] Cfr. Paris, Musée du Louvre, inv. n. MA 296.

[4] Si rimanda all’ottima sintesi sull’argomento al lavoro di C. Gasparri, s.v. Copie e copisti, in EAA, (Secondo Supplemento, 1971-1994), II, Roma, 1994, 267-280, con relativa bibliografia.

[5] In questa stessa sezione possono venire eventualmente espressi i casi di trasformazione, riformazione o ricreazione, quale creazione di un tipo statuario nuovo, realizzato nella consapevolezza di precedenti formulazioni statuarie.

[6] Cfr. F. Perrier, Segmenta…, cit., tavv. 32-33, 57-60, 87.

[7] Musée du Louvre inv. n. MA 660, attualmente in deposito alla reggia di Versailles. In ultimo cfr. F. Rausa, Statua di Artemide cosiddetta Zingarella, in L’idea del Bello, Catalogo della mostra, 2 voll., Roma, 2000,  II,  281-282, n. 6.

[8] Musei Vaticani, Braccio Nuovo del Museo Chiaramonti, inv. n. 2213, cfr. M. Bergmann, P. Zanker, Damnatio memoriae. Umgearbeitete Nero und Domitiansporträts. Zur Ikonographie der flavischen Kaiser und des Nerva, in «Jahrbuch des deutschen Archäologischen Instituts», 96, 1981, 317-412, n. 15.

[9] Roma, Museo Nazionale Romano, Palazzo Altemps, inv. n. 8608.

[10] Roma, Archivio Segreto Vaticano, Archivio Boncompagni Ludovisi, Arm XIX, Prot. 611, n. 43, fol. 42, n. 15, pubblicato in B. Palma, I marmi Ludovisi: storia della collezione. Museo Nazionale Romano. Le sculture. I/4, a cura di A. Giuliano, Roma, 1983, 70.

[11] Roma, Archivio Segreto Vaticano, Archivio Boncompagni Ludovisi, Arm. IX, Prot. 325, n.1, fol. 33, n. 46, pubblicato in B. Palma, I marmi Ludovisi: storia della collezione. Museo Nazionale Romano. Le sculture. I/4, a cura di A. Giuliano, Roma, 1983, 72.

[12] E. Q. Visconti, Opere varie italiane e francesi, 4 voll., Milano, 1827-1831, IV, 1831, 325-326.

[13] Firenze, Galleria degli Uffizi, inv. n. 199.

[14] G. B. Cavalieri, Antiquarum Statuarum Urbis Romae primus et secundus liber, s.l., 1585, tav. 85.

[15] G. Marcucci, Antiquarum Statuarum Urbis Romae liber primus-tertius, Romae, 1623, III, tav. 6.

[16] N. van Aelst, Insigniores Statuarum Urbis Romae Icones, Romae, 1619, s.n.

[17] G. D. De Rossi, Insigniores Statuarum Urbis Romae Icones, Romae, 1645, s.n.

[18] G. G. De Rossi, Insigniores Statuarum Urbis Romae Icones, Romae, ante 1694, tav. 27.

[19] L. Vaccaro, Antiquarum Statuarum Urbis Romae Icones…, Romae 1584, s.n.

[20] Madrid, El Escorial, Biblioteca, MS A/e ij 6, fol. 10bis, pubblicato in E. Tormo, Os Desenhos das Antigualhas que vio Francisco d’ollanda Pintor Portogues (1539-1540), Madrid, 1940, 66-69.

[21] Madrid, El Escorial, Biblioteca, MS A/e ij 6, fol. 10v, pubblicato in E. Tormo, Os Desenhos…, cit., 66-69.

[22] Roma, Archivio Segreto Vaticano, AA. Arm. B. 5, 5 Aprile 1590; F. Vacca, Memorie di varie antichità trovate in diversi luoghi…di Roma. Scritte…nell’anno 1594, Roma, 1704, mem. 10; della sequenza delle rappresentazioni si danno qui di seguito, per comodità, l’ultima e la prima rispettivamente prima e dopo l’intervento: G. Franzini, Icones Statuarum Urbis Romae, Romae, 1586, tav. E 16; Haarlem, Teyler’s Stiching, inv. K III, 2, 20, Portfolio N, 17-18, disegni di H. Goltzius, pubblicati in E. K. Reznicek, Die Zeichnungen, cit., tavv. 142-145.

[23] Plinio, Naturalis Historia, XXXVI, 37.

[24] Per  Monumento di appartenenza si intende il contesto monumentale antico di provenienza dell’oggetto.

Conclusions

par François Lissarrague (Centre Louis Gernet, INHA, EHESS, Paris)

Au terme de cette longue et riche journée, je voudrais avant tout en remercier les organisateurs, Natacha Lubtchansky et nos collègues de l’Université de Tours, qui nous ont permis de découvrir et de confronter ainsi plusieurs expériences parallèles autour de l’informatisation des données en archéologie figurée.

Je n’ai guère de compétence pour conclure, sinon celle d’un consommateur déjà ancien, qui a suivi avec curiosité et beaucoup d’excitation les progrès des machines, des bases et des logiciels permettant d’exploiter ces données.

Trois questions majeures émergent, me semble-t-il, ou du moins je voudrais ici retenir trois points : les logiques documentaires ; la mise en réseau des bases ; les droits sur les données.

Les logiques documentaires sont presque toujours prises entre une volonté classificatoire normative et des possibilités évolutives plus ou moins ouvertes. Si je commence par ce point c’est que nous avons entrepris d’explorer méthodiquement cette question, dans la longue durée, au cours d’un séminaire collectif consacré à ce thème (Des Musées de papier aux Banques de données*) [depuis 2002, avec A. Schnapp, F. de Polignac, M. Denoyelle, I. Aghion et moi-même]. On constate que les grandes entreprises documentaires anciennes sont souvent prises entre deux pôles : chaque corpus, chaque thesaurus vise à tout faire connaître en produisant un cadre classificatoire qui rend compte à lui seul de la totalité des documents disponibles, et en même temps il doit réserver une place à tout document nouveau, qui vient s’ajouter aux séries existantes, ou oblige à en créer de nouvelles. Ces questions ne sont pas neuves, et leur histoire montre que nos disciplines les ont longuement travaillées. L’outil informatique apporte des réponses neuves à ces questions anciennes, par ses capacités cumulatives (on peut stocker beaucoup plus en un espace moindre, sous des formes de plus en plus maniables) et surtout par la flexibilité des formats qu’il propose. Alors que l’imprimé contraint à adopter, pour un corpus, une forme et une seule, qui devient aussitôt dominante et contraignante, l’informatique permet de faire fonctionner simultanément des logiques parallèles, de redistribuer les données selon des points de vue variés et de relier entre elles, à volonté, ces logiques diverses. Dès lors, et c’est ce que nous avons vu aujourd’hui encore, on peut créer des bases spécifiques, pour explorer un ensemble particulier de données, sans fermer la voie à des questionnements nouveaux. On voit ainsi naître, ou se développer, des bases portant sur une classe d’objets (Beazley Archive, ICAR) ou bien sur une série de livres (qui sont eux-mêmes des musées de papier : ainsi Monumenta Rariora, « Les antiquités gallo-romaines : textes et représentations (1500-1650) », « Histoire de la connaissance des vases grecs »).

Ce qui est nouveau et dont je me réjouis, ce qui nous a réunis à Tours, c’est la volonté d’échanger entre producteurs de bases afin de développer la complémentarité de ces entreprises qui   sont lourdes, longues et coûteuses. Il y a quelques dizaines d’années, on avait tendance à penser en termes centralisateurs. Si je m’en tiens à ce qui m’est le plus familier, la céramique grecque, on a vu très tôt démarrer les Archives Beazley, au moment où à Pise d’autres collègues tentaient de mettre sur pied une entreprise analogue (qui n’a du reste pas abouti). Les technologies alors étaient encore très lourdes et très coûteuses. Aujourd’hui semble-t-il, on devrait pouvoir éviter les entreprises redondantes ou concurrentielles. Sans être un utopiste naïf, il me semble que cette journée marque une telle volonté, et que la comparaison entre projets, qui ont chacun leur logique et leur autonomie, permet de mieux poser comme horizon la mise en réseau des différentes bases documentaires. Il y faut une volonté d’échange, une certaine forme de générosité aussi qui va peut-être à l’encontre de la compétition scientifique telle qu’on nous la décrit de plus en plus souvent, mais qui correspond à l’esprit de ce que l’on appelait la République des Lettres : un réseau   d’échange et d’information qui   permet à la recherche d’avancer non pas un par un, chacun pour soi, les uns contre les autres, mais en groupe, en se répartissant les tâches : plus complémentaires que compétitifs. La mise au point de projets plus légers, plus ciblés, élaborés selon des formats qui permettent de passer sans trop de dépaysement de l’un à l’autre devrait rendre une telle évolution possible, c’est du moins ce que j’ai la naïveté de croire et de souhaiter.

Dans ce cadre, la question du droit d’auteur et des droits sur les données se pose de manière de plus en plus aiguë. Les juristes que nous avons entendus nous ont apporté un éclairage précieux et permis de mieux saisir la complexité de ces questions. Reste qu’il y a là un énorme risque de blocage auquel nous sommes confrontés de manière urgente. Entre une logique patrimoniale, soutenue par les institutions culturelles, qui tend à valoriser – et à facturer lourdement – les droits sur les objets (en particulier pour ce qui est des musées), et une logique de la recherche qui a besoin d’accéder à ces mêmes objets sans que les coûts ne forment un obstacle à l’accessibilité aux œuvres, il y a une forte contradiction qu’il est essentiel de résoudre. Soyons utopistes, une fois de plus : les organismes de recherche doivent se mobiliser pour obtenir un accès favorisé, une diminution des droits qui ne lèse pas les musées en effet, mais qui permette de constituer des bases documentaires selon des coûts raisonnables. On peut espérer que l’INHA joue dans ce contexte non pas un rôle de mainmise mais de porte-parole pour faire avancer une négociation qui semble malheureusement mal engagée pour le moment.

Je voudrais conclure en souhaitant que nous continuions à nous tenir informés des progrès de ces différentes entreprises : l’évolution rapide des matériels, des problématiques et des méthodes, impose me semble-t-il une telle coordination, qui par ailleurs, à en croire l’expérience d’aujourd’hui, peut être un réel plaisir. Merci encore, pour cela, à nos hôtes.